Louise BRICOUT

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Religions et systèmes de pensée
Date :
mardi 03 décembre 2019 - 09:00
Aux origines de l'archéologie de la religion grecque : de la tradition antiquaire à l'expédition de Morée

Louise BRICOUT soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. François de POLIGNAC

  • EPHE- Maison des Sciences de l'Homme, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris - Salle 1
  • Jury : M. François de POLIGNAC, M. Alain SCHNAPP, M. Alain DUPLOUY, M. Philippe HOFFMANN, M. Alexandre MAZARAKIS, M. Georges TOLIAS

Résumé

Entre le XVIIe siècle et la première moitié du XIXe siècle, les temples figurent en bonne place dans l’itinéraire des voyageurs. La littérature constitue d’abord leur seule référence pour identifier et comprendre ces lieux de culte. Au milieu du XVIIIe siècle, Caylus publie son Recueil d’Antiquités qui privilégie le strict point de vue archéologique pour l’étude des monuments. Ce bouleversement épistémologique se répercute sur le terrain. Des techniques de fouilles à l’enregistrement et à la présentation des données, les premiers archéologues pensent les vestiges comme des objets de connaissance pour comprendre comment s’organisent les institutions religieuses à l’échelle d’un territoire. Il faut pourtant attendre le début du XIXe siècle pour que la fouille des temples acquiert une rigueur scientifique. C’est durant cette période charnière pour l’histoire de l’archéologie qu’apparaissent les premiers essais théoriques sur la religion grecque. Sur la topographie religieuse, on s’interroge sur l’intérêt de disposer les temples à l’écart des habitations, sur l’importance accordée aux sanctuaires urbains, sur le cheminement des fidèles durant les Grandes Panathénées et sur le lien supposé entre l’emplacement du temple et la divinité qui y est consacrée. On s’intéresse aussi à l’architecture religieuse. Par-delà les considérations d’ordre esthétique et technique, les conjectures portent sur la destination des temples, sur les ordres architecturaux, sur la polychromie et ses effets dans le cadre des cérémonies religieuses mais aussi sur l’architecture hypèthre et l’intérêt de la lumière pour l’exercice du culte. Complémentaire à l’approche monumentale, la sculpture est elle aussi abordée sous le prisme de la religion. Ils expliquent l’archaïsme des frontons du temple d’Aphaïa à Égine par des superstitions religieuses. Ils s’interrogent sur la représentation du dieu chez les Grecs en ce qu’elle se distingue de la représentation de l’homme. Enfin, lorsque les sculptures sont à l’état de vestiges, les premiers archéologues questionnent les mythes.

Abstract

Between the 17th century and the first half of the 19th century, temples figure in good place in the itinerary of travelers. Literature is at first their only reference for identifying and understanding these places of worship. In the middle of the 18th century, Caylus published his Recueil d’Antiquités which privileges the strict archaeological point of view for the study of monuments. This epistemological upheaval is reflected on the ground. From excavation techniques to recording and presentation of data, early archaeologists think of remains as objects of knowledge to understand how religious institutions are organized on a territorial scale. However, it is necessary to wait until the beginning of the XIXe century so that the excavation of the temples acquires a scientific rigor. It was during this pivotal period for the history of archeology that appeared the first theoretical essays on the Greek religion. On the religious topography, we wonder about the interest of having the temples away from the dwellings, about the importance given to the urban sanctuaries, about the path of the faithful during the Great Panathenaeans and the supposed link between the location of the temple and the divinity that is dedicated to it. We are also interested in religious architecture. Beyond the aesthetic and technical considerations, the conjectures relate to the destination of the temples, the architectural orders, the polychrome and its effects in the context of religious ceremonies but also on the hypethrum architecture and the interest of the light for the exercise of worship. Complementary to the monumental approach, sculpture is also approached under the prism of religion. They explain the archaism of the pediments of the temple of Aphaia to Aegina by religious superstitions. They wonder about the representation of the god among the Greeks in that it is different from the representation of man. Finally, when the sculptures are in the state of vestiges, the first archaeologists question the myths.