Vittoria BRANCATO

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
vendredi 05 avril 2019 - 16:00
Edition critique et commentaire des "Canzoni morali" de Guittone d'Arezzo

Mme Vittoria BRANCATO soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Fabio ZINELLI et M. Lino LEONARDI

Cotutelle : Université de Sienne (ITALIE)

  • Université de Sienne - Via Roma 56, cap 53100, Sala del Refugio
  • Jury : M. Fabio ZINELLI, M. Corrado BOLOGNA, M. Johannes BARTUSCHAT, M. Marco BERISSO, M. Lino LEONARDI

Résumé

Il manque encore, aujourd’hui, une édition moderne, critique et commentée, du corpus poétique de Guittone d’Arezzo. Cette lacune concerne l’un des auteurs les plus importantes de la première poésie italienne, dont la poésie a été considérée comme obscure, excessivement formelle – notamment par Dante dans le De Vulgari Eloquentia –, et pour autant condamnée, sinon à l’oubli, à l’impopularité. Après deux éditions désormais obsolètes, une première édition intégrale par Lodovico Valeriani (1828), et une seconde édition partielle de la poésie d’amour par Flaminio Pellegrini (1901), la vulgate est fixée par l’édition de Francesco Egidi (1940), qui ne peut pourtant pas être définie comme pleinement critique, ayant fait l’objet d’une magistrale recension de Gianfranco Contini, qui y établit les principes pour une future édition critique du poète. Le présent travail de recherche est consacré à la partie la plus oubliée de la production poétique de Guittone, la poésie morale et philosophique, que le poète a écrit après sa conversion et à partir du moment où il rejoint l’ordre des Frati Gaudenti (vers 1265). Production fondamentale dans la conscience de l’auteur, elle s’est trouvée marginalisée dans le contexte de la lyrique italienne médiévale dominée par la révolution du Stil Novo. La thèse aborde une série de questions ouvertes et qui avaient encore besoin d’être approfondies : notamment celles concernant les rapports entre les manuscrits et l’hypothèse que l’organisation des textes dans le ms. Laurenziano puisse remonter directement à Guittone. Notre édition est assortie d’un commentaire qui tente d’éclaircir la signification de chaque texte, dans l’espoir de percer l’obscuritas de l’auteur (pour cette raison nous avons fait suivre chaque chanson par une “traduction” littérale et ponctuelle) et de définir ses sources et son background cultural et littéraire, ainsi que de parvenir à repérer les échos de sa production morale dans les poètes successifs. Enfin, le commentaire examine les effets de la palinodie et du reniement de sa production érotique, conséquentes à sa conversion, sur la production successive de Guittone. De plus, l’édition critique des canzoni morali permet de développer un examen de leurs particularités métriques par rapport aux canzoni d’amore et d’examiner les rapport existant entre la forme de la canzone chez Guittone et sa codification successive chez Dante.

Abstract

We still lack nowadays a modern, critical and commented edition of the entire poetical corpus of Guittone D’Arezzo. This gap concerns one of the most important personalities of the Italian Poetry of the Middle Ages, which has been considered obscure, and condemned – especially by the auctoritas of Dante in De Vulgari Eloquentia –, if not to oblivion, at least to unpopularity. After two editions, the first, exhaustive, by Lodovico Valeriani (1828), and the second, restricted to love poetry, by Flaminio Pellegrini (1901), the edition by Francesco Egidi (1940) establishes a vulgata, but cannot still be considered as a really critical one. The review by Gianfranco Contini (1941) has defined the guiding principles for a future critical edition. My research is dedicated to the less known and more “unlucky” part of the poetical production of Guittone, his moral and philosophical poetry, written after the poet’s conversion and enrollment in the order of Frati Gaudenti (around 1265). His moral poetry is central to the poet himself, but negligible in the larger context of the lirica italiana, later dominated by the Stil Novo’s revolution. The corpus analysed in this work is composed by 20 canzoni consered in four manuscripts of the XIIIth century: Città del Vaticano, Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. Lat. 3793; Firenze, Biblioteca Medicea Laurenziana, Laurenziano Redi 9; Firenze, Biblioteca Nazionale Centrale, Banco Rari 217; Firenze, Biblioteca Riccardiana, Ricc. 2533. The thesis examines a series of issues that needed to be studied, in particular those connected to the relationship between the manuscripts and the hypothesis that the sequence of texts in the Laurenziano manuscript could be attributed to Guittone himself. The edition is completed by a commentary trying to explain the meaning of every "canzone", aiming to resolve the problem of Guittone’s obscuritas (the "canzoni" are followed by an accurate “translation” into modern Italian) and to define not only his role in the XIIIth century, his sources and his cultural and literary background, but also to study the influence of his ethical production on the following poets. The commentary further examines the level of recantation in his later work of the love poems, later regretted and rejected by Guittone himself. This critical edition of the canzoni morali finally allows an examination of their metrical peculiarities in relation to the "canzoni d’amore", as well as it contributes to explore the relationship between the structure of the “canzone” in Guittone and Dante.