Sawssan BEN ROMDHAN

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Systèmes intégrés, environnement et biodiversité
Date :
mardi 03 septembre 2019 - 09:00
Etude clinique et génétique de la maladie de Parkinson dans la population tunisienne

Mme Sawssan BEN ROMDHAN soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Giovanni STEVANIN et M. Chokri MHIRI

Co-tutelle avec l'université de Sfax (TUNISIE)

  • École nationale d'ingénieurs de Sfax, ENIS, Route Soukra Km 3.5, 3038 Sfax, Tunisie. Salle : amphi 5
  • Jury : M. Giovanni STEVANIN, M. Saber MASMOUDI, M. Eric LEGUERN, M. Chokri MHIRI, Mme Marie-Christine CHARTIER-HARLIN, Mme Suzanne LESAGE, M. Ahmed REBAI, M. Riadh GOUIDER

Résumé

La Tunisie a vu une grande variété d'envahisseurs et de migrants allant de la population berbère autochtone aux Arabes et Européens. Cette région est caractérisée par les grands pedigrees, les faibles taux de migration et les taux élevés de consanguinité qui augmentent le risque des maladies autosomiques récessives y compris les maladies neuro-dégénératives. Dans notre pays, la prévalence de la maladie de Parkinson (MP) augmente jusqu’à 43/100000 personnes et devient un problème de santé majeur. La MP est une maladie neuro-dégénérative dont la forme idiopathique débute en moyenne vers 60 ans. Au cours des 20 dernières années, plusieurs gènes ont été identifiés chez des patients qui ont développé leurs premiers symptômes avant l’âge de 40 ans. Notre étude a montré que la structure génétique de la MP en Tunisie est distincte des autres populations, puisque plus de 50% des cas avaient une origine génétique. La fréquence des formes monogéniques chez les patients avec un âge de début tardif de la MP était relativement élevée et similaire à celle des patients avec un âge de début précoce. Ces formes étaient essentiellement dues à la mutation LRRK2-p.G2019S (identifiée chez 44.4% des cas) qui s'avère être une mutation fondatrice apparue chez un seul ancêtre commun d’origine berbère. Sur le plan clinique, nous avons montré que les patients porteurs de la mutation LRRK2-p.G2019S avaient un âge de début de la MP plus précoce mais avec un phénotype plus bénin que celui des formes idiopathiques. Une deuxième mutation fondatrice d’origine berbère (p.Q456*) a été identifiée sur le gène PINK1. La fréquence élevée inhabituelle des mutations sur ce gène peut être limitée à la population tunisienne berbère. Nos résultats ont aussi confirmé que les mutations sur le gène PARK2 et sur le gène GBA ne constituent pas un facteur de risque fréquent de la MP en Tunisie. En plus de ces mutations sur les gènes connus, nous avons identifié 4 nouveaux gènes candidats dans la MP. Cette structure génétique particulière de la MP en Tunisie pourrait être principalement le résultat de l'origine historique berbère de notre population Tunisienne.

Abstract

Tunisia has been a crossroads of multiple civilizations during successive historical periods including the original Berber population to the Arabs and Europeans. This region is characterized by large pedigrees, low migration rates and high rates of consanguinity that increase the risk of autosomal recessive diseases including neurodegenerative diseases. In our country, the prevalence of Parkinson's disease (PD) increases to 43/100000 person and becomes a major health problem. PD affects more than 2% of adults over the age of 60. It is considered to be the result of the interaction between genetic and environmental factors. During the last 20 years, several genes have been linked to hereditary forms of PD in patients who developed their first symptoms before the age of 40. Our findings showed that the Tunisian population is distinct from other populations, as it is striking that more than 50% of all cases have a genetic origin. The frequency of monogenic forms in patients with late onset PD was relatively high and similar to that of patients with early onset. These forms were mainly due to the mutation LRRK2- p.G2019S (identified in 44.4% of cases). We confirmed that this mutation is a founder mutation appeared in a single common ancestor of Berber origin. Clinically, we showed that patients with the LRRK2- p.G2019S mutation had an earlier onset of PD, but with a more benign phenotype than idiopathic. A second founder mutation with a Berber origin (p.Q456*) was identified in the PINK1 gene. The unusual high frequency of mutations in this gene may be limited to the Tunisian Berber population. Our results also confirmed that mutations in the PARK2 gene and the GBA gene do not constitute a frequent risk factor for PD in Tunisia. In addition to these mutations on known genes, we have identified 4 new candidate genes in PD. This particular genetic structure of PD in Tunisia could be mainly the result of the historical Berber origin of our Tunisian population.