Odile PEYRON CORTET

Diplôme :
HDR
Date :
jeudi 10 décembre 2015 - 14:00

Mme Odile PEYRON CORTET présente ses travaux en soutenance en vue de l'obtention de l'Habilitation à diriger des recherches

  • Institut de Botanique de Montpellier, Amphithéâtre Charles Flahault, 163 rue Auguste Broussonnet, 34090 Montpellier
  • Jury : Mme VALÉRIE ANDRIEU-PONEL, M. JEAN-FRANCOIS BERGER, Mme NATHALIE COMBOURIEU-NEBOUT, M. YVES GODDERIS, Mme CHRISTELLE HELY-ALLEAUME, M. MICHEL MAGNY, Mme SOPHIE MONTUIRE, M. JEAN-FREDERIC TERRAL

Ce mémoire intitulé « Quantification des paléoclimats de l'Europe et du bassin méditerranéen au cours du Quaternaire » et présenté pour l’obtention de l’Habilitation à Diriger des Recherches à l’EPHE résume une partie de mon activité de recherche depuis mon recrutement au CNRS en 2001.

Le réchauffement global est au cœur des débats scientifiques actuels et soulève de nombreuses questions quant à la dynamique des variations climatiques et aux impacts possibles sur notre environnement. Une meilleure compréhension de la variabilité climatique dans le passé s’avère donc nécessaire et de nombreux efforts ont été entrepris en paléoclimatologie pour mieux comprendre la variabilité du climat au cours du temps. Ces efforts se sont concrétisés par des progrès à la fois dans la modélisation et dans le développement de nouvelles méthodes et de proxy émergents visant à retracer les paléoenvironnements et les paléoclimats à différentes échelles de temps. Il reste toutefois beaucoup à apprendre sur les variations climatiques, en particulier pour appréhender les mécanismes et les processus mis en jeu à différentes échelles de temps et d’espace.

Ma thématique de recherche vise à développer l’aspect quantification des paléoenvironnements et des paléoclimats à partir de différentes données (pollen notamment) pour certaines périodes clés du passé. Mon objectif est de produire des synthèses climatiques régionales de qualité qui serviront à retracer la variabilité spatiale des événements climatiques afin de mieux comprendre les mécanismes climatiques et les forçages. Pour cela, il est indispensable de pouvoir disposer à la fois de proxy biotiques et abiotiques de qualité (bon contrôle chronologique, haute résolution temporelle, multi-proxy…). Plus précisément, mes objectifs sont les suivants :

- comprendre la variabilité du climat, les trajectoires écologiques, les tendances à court et long terme, ainsi que les événements rapides et leur répartition spatiale ; la quantification est l’un des seuls moyens aujourd’hui pour favoriser les comparaisons interrégionales et pour appréhender les mécanismes et les processus dans leur globalité et comprendre les téléconnexions climatiques ;

-disposer de données et de reconstitutions paléoclimatiques de qualité permettant la comparaison avec les modèles climatiques afin de valider leurs simulations pour certaines périodes clés du passé ;

-cerner l’impact possible des changements climatiques sur les sociétés humaines.

Ma recherche vise donc à retracer les variations climatiques à la fois d’un point de vue spatial et temporel afin de mieux cerner les mécanismes et les forçages du climat qui ont prévalu au cours de différentes périodes de temps depuis les trois derniers millions d’années jusqu'à nos jours, chaque période possédant ses propres questions et verrous scientifiques. Un zoom sur certaines périodes clés (mise en place de la Mid Pleistocène Transition, variabilité climatique tardiglaciaire, événements rapides au cours de l’Eémien et de l’Holocène, comparaison des différents interglaciaires…) a été effectué.

Le choix des régions étudiées, en Europe et en Méditerranée, est motivé par le nombre de données environnementales à haute résolution, et par la diversité des milieux. J'étudie la répartition spatiale des événements et les connexions climatiques possibles entre l'Atlantique nord et la Méditerranée, à partir de carottes « continentales », essentiellement lacustres localisées en Europe et en Méditerranée (Hongrie, Alpes, Italie, Grèce…), mais également à partir de carottes « marines » prélevées en Méditerranée (mers d’Alboran, Égée, Adriatique..).