Mme Claire ZEHNACKER BRUN

Diplôme :
HDR
Date :
mercredi 12 juin 2019 - 10:30

Mme Claire ZEHNACKER BRUN présente ses travaux en soutenance en vue de l'obtention de l'Habilitation à diriger des recherches

  • Université Catholique de Lyon, Amphithéâtre E. Gounot ( A103), Campus Saint Paul, 10 place des Archives, 69000 Lyon
  • Jury : M. JEAN-MARIE EXBRAYAT, Mme CATHERINE HÄNNI, M. DOMINIQUE LE GUELLEC, M. THIERRY MAGNIN, M. ANDRAS PALDI, M. OLIVIER PERRU

Flexibilité et plasticité

Le déclin des amphibiens est à l’origine de la mise en place de suivis des populations qui nécessitent une connaissance accrue notamment du cycle de reproduction des espèces. C’est ainsi que nous utilisons les amphibiens anoures et gymnophiones comme modèles pour comprendre certains mécanismes cellulaires du développement. Un intérêt particulier a été accordé à l’apoptose, processus pour lequel le rôle des calpaïnes a été étudié au cours de l’embryogenèse de Xenopus laevis dans des conditions de dérèglement calcique. D’autre part, la dynamique cellulaire, étudiée dans les organes génitaux femelles de gymnophiones ovipares et vivipares au cours du cycle sexuel, a montré une variation importante de l’équilibre entre prolifération et apoptose dépendante du tissu, de la saison et du mode de reproduction. Un ajustement de l’appareil reproducteur à la rythmicité saisonnière est ainsi nécessaire pour assurer la pérennité de l’espèce. Outre les phénomènes génétiques, il est possible que le transfert non génétique d’informations sur les caractéristiques environnementales d’une génération à l’autre soit impliqué dans le potentiel adaptatif des populations à ce calendrier saisonnier. Le rôle des rythmes épigénétiques au cours des cycles de reproduction du gymnophione Typhlonectes compressicauda fera l’objet de nos futures recherches, en privilégiant une approche globale des marques de méthylation. La capacité d’adaptation à un environnement fluctuant est une caractéristique du règne animal. Outre le fait qu’elle puisse se traduire par des transformations physiologiques, elle peut résulter d’une plasticité plus souple et plus rapide, qui modifie le comportement. Au niveau cérébral, elle dépend de la modification des connexions neuronales et elle est intimement liée aux apprentissages et à l’acquisition de nouvelles capacités. Cette plasticité cérébrale et ses relations avec les fonctions cognitives font l’objet d’une recherche interdisciplinaire pour laquelle nous apportons notre vision de biologiste. Ainsi, nous nous sommes intéressés à la construction du cerveau, à la perception, à l’apprentissage et à la prise de décision. Nous avons notamment porté notre attention sur les impacts du son et de la musique sur des cellules non auditives. De nombreuses études montrent que différents types de cellules eucaryotes sont sensibles aux ondes sonores et plus particulièrement lorsqu’il s’agit de sons organisés. Les effets bénéfiques d’ordre physiologique sont extrêmement variés. L’étude de l’impact des sons et de la musique sur le protozoaire cilié Tetrahymena pourrait apporter des éléments concernant la viabilité cellulaire et l’apoptose en fonction de différents paramètres, tels que le volume sonore d’un morceau ou la complexité de sa structure.