Martin SZEWCZYK

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
lundi 10 décembre 2018 - 14:00
Les portraits des notables dans l'espace public des cités grecques d'Asie occidentale aux époques hellénistique et impériale

M. Martin SZEWCZYK soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. François QUEYREL

  • Sorbonne, 1 rue Victor Cousin, 75005 Paris, escalier U, salle H627
  • Jury : M. François QUEYREL, Mme Emmanuelle ROSSO, M. John MA, M. Vincent AZOULAY, M. Stéphane VERGER

Résumé

Entre l’époque hellénistique et l’époque impériale, les cités grecques de la côte de l’Asie Mineure voient un groupe social prendre une place de plus en plus importante : les notables. A l’époque classique, les cités grecques avaient inventé le portrait comme institution et comme un genre. Cette thèse étudie la rencontre entre ce groupe social et ce genre de mise en scène monumentalisée, dans l’espace public de la ville. Pour comprendre cette rencontre, nous nous sommes attachés dans un premier temps à circonscrire le groupe des notables, d’un point de vue sociologique, et à comprendre ses besoins sociaux. Nous avons ensuite étudié le portrait sous ses aspects institutionnels. Il s’agissait de cerner les fonctions qu’il pouvait revêtir, de mieux connaître les groupes qui pouvaient l’utiliser, de comprendre les responsabilités dans la fabrication et dans l’installation de la statue, de définir, enfin, quelles seront les principales qualités des différents éléments composant le monument. Dans un troisième temps, nous nous sommes penchés sur l’étude des éléments de la représentation : les images et les éloges gravés sur les piédestaux. Etudiés en détail, de manière analytique, ces éléments nous ont enseigné combien les monuments étaient conçus pour produire sur leurs sujets un discours honorifique. C’est aux lieux du portrait que nous nous sommes ensuite intéressés : nous nous sommes interrogés sur le choix des lieux, en référence avec la vie civique et culturelle dans la cité, et sur la topographie du portrait, sa mise en scène dans l’espace. Délaissant les contextes et les lieux, nous avons étudié quelques inflexions de la pratique statuaire : son hypertrophie, son utilisation pour la mise en scène des familles, sa mobilisation dans un cadre posthume. A partir de ces tendances, nous avons compris le portrait comme l’un des moyens d’une lutte de représentation ; la sixième partie est destinée à la compréhension de cette lutte pour le capital symbolique.

Abstract

Between Hellenistic and Roman imperial times, the Greek cities from the coastline of Asia Minor are the place of a phenomenon in which a social group play an increasingly important role: notables. During the classical era, the cities were also the place where portrait was set as an institution and as a genre. This PhD aims to study the interaction between this social group and that kind of staging in public space of the city. In order to understand this interaction, it was decided to start with a definition of the group of notables, from a sociologic perspective, which led to understand its societal needs. The portrait was then considered under the scope of its institutional aspects. This enabled to identify the different functions portrait might have and to become better acquainted with the social groups that can employ it. But it also helped to gain a better understanding of each other’s responsibilities in the making and setting up of the statue and, at last, to define the key qualities of the different parts of the monument. We subsequently focused on all the elements of the honorific representation, i.e. both the images and the eulogies in honorific inscriptions. These elements were studied thoroughly by using an analytical approach and taught us how monuments were built in order to produce an honorific discourse on their subjects. The places of these portraits were afterwards considered from various perspectives: are some locations preferentially picked, in connection with the civic and cultural life in the city? What is the topography of the portrait, and how is it staged in public space? To broaden the perspective, some changes in the practices of statue making were particularly looked at, such as the hypertrophy of statuary, its using as a staging of families, and its posthumous use. This trends defined, hence we understood that portrait was used as a means for a struggle over representations; the sixth and last part of the PhD aims to better understand this struggle over symbolic capital.