Marie-Hélène BLANCHET

Diplôme :
HDR
Date :
samedi 11 janvier 2020 - 14:30

Marie-Hélène BLANCHET présente ses travaux en soutenance en vue de l'obtention de l'Habilitation à diriger des recherches

  • En Sorbonne, Escalier E, Salle Gaston Paris, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris
  • Jury : M. JOHN A. DEMETRACOPOULOS, M. VINCENT DEROCHE, M. FRÉDÉRIC GABRIEL, Mme BRIGITTE MONDRAIN, Mme SOPHIE MÉTIVIER, M. ANTONIO RIGO

"Mes recherches portent sur les transformations de l’orthodoxie byzantine durant les XIIIe-XVe siècles. J’analyse en particulier les relations confessionnelles entre Byzantins et Latins à une période où le monde chrétien est déjà depuis longtemps divisé par un schisme et où les tentatives de réunion des Églises romaine et byzantine aboutissent à des échecs répétés. Dans le cadre du projet international Thomas de Aquino Byzantinus, consacré à l’étude de la réception à Byzance des œuvres de Thomas d’Aquin – un théologien emblématique de la scolastique latine –, j’ai réalisé l’édition critique des deux traductions en grec d’un petit traité de Thomas, le De rationibus fidei (Des raisons de la foi). Ces traductions ont toutes deux été effectuées dans la seconde moitié du XIVe siècle. L’une des versions grecques est due à Démétrios Kydonès, homme d’État byzantin et intellectuel très lié à l’Occident, auteur de nombreuses traductions de textes latins à Constantinople dans les années 1350-1370. L’autre traducteur se nommait Atoumès et demeure pour l’instant inconnu. Il a achevé son travail avant 1363, soit très probablement durant la même période que celle de l’activité de Kydonès. L’étude des manuscrits montre que ces deux traductions ont emprunté des canaux de diffusion très proches au sein des cercles lettrés byzantins. Elles ont contribué à la transmission relativement fidèle de la pensée thomiste, qui n’est presque jamais déformée du fait de l’incompétence du traducteur. Les deux textes témoignent de l’existence d’une langue et de notions communes en théologie entre l’Orient byzantin et l’Occident latin au XIVe siècle. Ces traductions, utilisées par la suite tant pour justifier la doctrine romaine que pour la réfuter, font pleinement partie de l’histoire intellectuelle de l’orthodoxie."