Marianna ZANETTA

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Religions et systèmes de pensée
Date :
lundi 11 avril 2016 - 09:00
The blind shaman and the lonely death : the last itako of Japan

Mme Marianna ZANETTA soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Alain ROCHER et M. Enrico COMBA

Cotutelle : Université de Turin

  • Maison de l'Asie, 22 avenue du Président Wilson, 75116 Paris, Salle de conférences au rez-de-chaussée
  • Jury : M. Enrico COMBA, M. Jean-Luc LAMBERT, M. Massimo RAVERI, M. Alain ROCHER

Abstract

In the north-west of Japan can still be found the last representative of a peculiar shamanism, the shamanism of the itako イタコ, the blind female fusha. The itako can be considered as the last heiresses of a shamanism which has his own roots in the myth; however, they have often been the target of different controversies and debates among anthropologist and religious specialists, who questioned the authenticity of their shamanic experience, and even the possibility to include it in the field of Shamanism. Nevertheless, taking a wider look at the phenomenon, her role, her path, her whole experience allows us to put them in the shamanistic phenomenon. Their activities have a particular functional focus: their specialty resides in the preferential communication with the dead, ancestors’ souls who can't find peace and who, if neglected, may represent a threat for the living. The main important duty for the itako is to allow the spirit to communicate with their living relatives in order to have their needs satisfied, and their anguish eased. The analysis will thus take into consideration the special relationship between the blind fusha and the world of the dead, on the one hand through the notion of kegare (impurity), which seems to connect both actors, and on the other hand through the notion of on (bond), which seems to indissolubly tie together living and the dead in a relationship of remembrance and debt.

Résumé

Les chamanes aveugles et la mort solitaire : les dernières itako au Japon

L'on peut encore rencontrer de nos jours, dans le nord-ouest de l'archipel japonais, les ultimes représentantes d'une forme très particulière de chamanisme : les itako, ou chamanes aveugles. Les itako peuvent être considérées comme les dernières héritières d'un chamanisme qui trouve ses origines dans le mythe ; malgré tout elles ont souvent suscité de vives polémiques dans le milieu des spécialistes d'anthropologie religieuse, qui remettaient en question l'authenticité de leur expérience et donc, la possibilité de la verser au dossier du chamanisme proprement dit. Néanmoins, si l'on renonce à tout parti-pris leur rôle, leur parcours, l'ensemble de leur expérience semblent bien justifier qu'on les rattache au phénomène du chamanisme. Les activités des itako trahissent une focalisation fonctionnelle extrêmement intéressante. Leur spécialité consiste à communiquer de façon préférentielle avec les âmes des ancêtres, qui ne trouvent pas la paix et qui représentent ainsi une menace pour les vivants. Le devoir de nos chamanes est donc de mettre les âmes en communication avec les vivants et de les réconcilier avec eux, car elles sont habilitées à exaucer leurs demandes. L'analyse va donc prendre en considération la relation spéciale entre les fusha aveugles et le monde des morts, d'une part grâce à la notion de kegare (impureté), qui semble relier les deux acteurs, et d'autre part grâce à la notion de on (lien), qui semble lier indissolublement vivants et les morts dans une relation du souvenir et de dette.