Mara ARIZAGA

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Religions et systèmes de pensée
Date :
vendredi 04 octobre 2019 - 11:00
Can We Say Prayers in Our Own Language? the Transmission of Tibetan Bon Religious Practices to the West

Mara ARIZAGA soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Charles RAMBLE et de Mme Karénina KOLLMAR-PAULENZ

Cotutelle : Université de Berne (SUISSE)

  • Institute for the Science of Religion Universität Bern - Lerchenweg 36 - CH-3012 Bern
  • Jury : M. Charles RAMBLE, Mme Karénina KOLLMAR-PAULENZ, Mme Fabienne JAGOU, M. Andrea ROTA

Résumé

Cette thèse a pour but de réaliser un examen approfondi de la religion Yungdrung Bon (ci-après dénommée "Bon") à la lumière de la globalisation. Elle explore les dynamiques en cours dans la transmission et la réception du Bon en Occident, en offrant un nouveau point de vue sur l'expansion des traditions religieuses tibétaines en Occident, ainsi qu’un panorama de l'histoire moderne du Bon. Afin de mieux appréhender la spécificité du Bon contemporain en Occident, il faut d'abord prendre du recul et examiner l'histoire de l'expansion de Bon en l'Occident, ainsi que le contexte dans lequel cette propagation s'est produite. Pour cela, la thèse retracera le processus par lequel Bon s'est globalisé en examinant sa transmission dans les sociétés occidentales, les principaux acteurs qui ont facilité cette transmission, et la manière dont les Occidentaux eux-mêmes le reçoivent et l'adaptent. De nombreuses informations ont été recueillies lors d'entretiens, qui ont ensuite été analysés de manière qualitative par le biais d’une méthode de théorisation ancrée afin d’en tirer les thèmes principaux. La recherche a porté en particulier sur Shenten Dargye Ling, le principal centre Bon en Occident, situé à Blou, en France, où l'on peut régulièrement observer par quelles manières le "Bon moderne" s’adapte à la fois à des adeptes définissant le Bon comme une tradition "scientifique" et "non-spirituelle" et à des dévots ne négligeant pas nécessairement les pratiques magiques, rituelles et dévotionnelles en tant que "bagage culturel", preuves que les significations des symboles, des pratiques et des interprétations religieuses ne sont pas rigides, mais fluides et multiples. Shenten est analysé non seulement comme un espace déterritorialisé, mais aussi comme un lieu tibétain/occidental reterritorialisé, dans lequel le Bon est implanté dans un nouveau milieu géographique, social et culturel, suivant un processus de transplantation qui entraîne des adaptations et des transformations multiples, certains éléments comme la pratique Dzogchen ou la méditation étant mieux retenus que d'autres. Le Bon, dans sa dimension globale, opère dans un contexte où les forces qui créent des changements dans la tradition coexistent avec d'autres forces qui permettent la préservation de la tradition, parfois en tension, parfois en parallèle. Cette thèse explore donc les processus d'expansion, d'adaptation et d'intégration d'une religion particulière comme conséquence de et en relation avec la mondialisation.

Abstract

This thesis aims to provide an in-depth examination of the Yungdrung Bon religion (hereinafter referred to as “Bon”) in light of globalization. It seeks to explore the dynamics taking place in the transmission and reception of Yungdrung Bon in the West, providing a new viewpoint on the expansion of Tibetan religious traditions into the West and a comprehensive picture of the modern history of the Yungdrung Bon religion. Addressing the specificity of contemporary Bon in the West requires first taking a step back and looking at the history of Bon’s expansion into the West as well as the context within which this propagation occurred. Thus, the thesis will trace the process by which Bon became global by looking in chronological terms at the transmission of Bon into Western societies, the main characters who facilitated this transmission, and how Westerners themselves are receiving and adapting Bon. Significant data was gathered through interviews, which where then analysed using a qualitative grounded theory methodology to distill main themes. The research focused particularly on Shenten Dargye Ling, the main Yungdrung Bon center in the West located in Blou, France, where one can witness regularly how “modern Bon” accommodates followers who define Bon as a “scientific” and “nonritualistic” tradition as well as devotional practitioners, who do not necessarily disregard magical, ritualistic and devotional practices as “cultural baggage,” indicating that the meanings of religious symbols, practices and interpretations of these are not rigid but fluid and multifaceted. Shenten is analyzed not only as a deterritorialized space, but also a reterritorialized Tibetan/Western place, where Bon is being implanted in a new geographical, social, and cultural milieu, in a transplantation process that results in adaptations and multidirectional transformations, where certain elements—such as Dzogchen practice and meditation—are better retained than others. Bon, in its global dimension, operates in a context where forces that are creating changes in the tradition coexist with other forces that are enabling the preservation of the tradition, sometimes in tension and sometimes in parallel. Therefore, this thesis explores the expansion, adaptation, and integration processes of a particular religion as a consequence of and in relation to globalization.