Laurent LAVAUD

Diplôme :
HDR
Date :
samedi 28 mai 2016 - 14:00

M. Laurent LAVAUD présente ses travaux en soutenance en vue de l'obtention de l'Habilitation à diriger des recherches

  • EPHE-Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris, salle D059
  • Jury : M. OLIVIER BOULNOIS, M. LUC BRISSON, M. RICCARDO CHIARADONNA, M. PHILIPPE HOFFMANN, M. PIERRE-MARIE MOREL, M. MARWAN RASHED

Parcours des néoplatonismes

Volume 1 : Mémoire de synthèse (103 p.)

Volume 2 A : Publications : Traductions et articles sur Plotin (596 p.) ;

Volume 2 B : Publications : Livres et cours sur Plotin (453 p.)

Volume 2 C : Publications : Études sur la réception des néoplatonismes suivies de deux Essais : L’image : Mystique et monde (584 p.).

Volume 3 : Inédit : Acte et Mouvement. Métamorphoses d’un couple aristotélicien dans l’Antiquité tardive. (420 p.)

 

Aristote, dans le troisième livre de la Physique, opère le croisement des concepts d’energeia et de kinesis afin de définir le mouvement : il donne ainsi à ce dernier une consistance ontologique qui fonde la possibilité d’une connaissance de la nature.  Cependant, en Métaphysique Θ, il met en œuvre la disjonction entre l’un et l’autre concept, opposant l’inachèvement de la kinesis au caractère accompli et autotélique de l’energeia. Ces deux approches contrastées de ce couple conceptuel vont, dans l’Antiquité tardive, engendrer certaines dissensions chez les néoplatoniciens, que la présente étude se propose d’explorer.

Ainsi Plotin, à l’encontre de ce qu’il estime être la position d’Aristote, postule-t-il la parfaite identification de l’acte et du mouvement, tant au niveau du sensible qu’à celui de l’intelligible. Il subit pour cela les foudres de Jamblique qui soutient la parfaite étanchéité des deux concepts. Et la scène se rejoue deux siècles plus tard : Damascius reproche à Proclus de n’avoir pas maintenu la distinction, au niveau de l’intelligible, entre energeia et kinesis.

Par-delà ces querelles d’école, toutefois, cette enquête éclaire l’élaboration par les néoplatoniciens d’une ontologie inédite, appelée à marquer profondément l’histoire de la métaphysique. La frontière tombe désormais entre l’être et le mouvement : l’ousia intelligible est lue à partir de Plotin comme un organisme vivant qui engendre en lui-même, par un déploiement interne, la totalité de ses déterminations. Ce schéma ontologique qui identifie l’acte, le mouvement et la vie, sera exploité par Victorinus pour penser les relations internes à la Trinité. C’est par cette médiation théologique que l’ontologie vitaliste et dynamique du néoplatonisme sera transmise à la postérité.