Giulio MARTIRE

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
mercredi 08 avril 2020 - 09:00
Le Moniage Guillaume long. Édition critique. Modèles narratifs, modèles de culture

 Soutenance en visioconférence

Giulio MARTIRE soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Fabio ZINELLI et M. M. Massimo BONAFIN

Co-tutelle avec l'Université de Macerata (ITALIE)

  • Università di Macerata, 8 piagga della Torre, MACERATA (ITALIE)
  • Jury : M. Fabio ZINELLI, M. Marco INFURNA, M. Giovanni PALUMBO, M. Salvatore LUONGO, M. Massimo BONAFIN

Résumé

Ce travail consiste en une vue multiperspective sur le Moniage Guillaume long, chanson de geste composée dans le dernier quart du XIIe siècle et transmise par 7 manuscrits. Cette thèse est divisée en trois sections : 1) étude philologique ; 2) édition critique, annexe et glossaire ; 3) étude des systèmes narratifs et des modèles de culture, qui émergent dans les deux branches principales de l’œuvre (Moniage ‘proprement dit’ et branche d’Ysoré). La première section est divisée en trois chapitres : Dans le premier, j’ai cherché de souligner les problèmes liés au rapport entre le Moniage Guillaume long (MGl) et le Moniage Guillaume bref (MGb). L’étude se poursuit avec une description des manuscrits qui transmettent le MGl et ensuite avec une présentation de la recensio, suivie par la proposition d’un nouveau stemma codicum, assez différent de celui disposé par le premier éditeur de cette chanson (W. Cloetta, 1906-1911). Une étude de la versification du poème achève le chapitre. Dans le deuxième chapitre, on introduit l’édition critique. D’abord, la discussion critique des deux précédentes éditions du MGl (Cloetta, Andrieux-Reix 2004), toutes les deux dépassées du point de vue méthodologique. Les principes de ma nouvelle édition sont donc exposés : Je propose une reconstruction du ‘subarchtype/adaptation’ A. Par la suite, les critères de transcription et la structuration de l’apparat critique sont exposés. L’apparat est fortement novateur : complexe mais simple à décoder, il est organisé en trois sections. Dans la première, j’ai présenté les interventions correctrices sur le ms. A4 (mon ‘manuscrit de référence’). La deuxième section est divisée en deux ‘champs’, à gauche et à droit : le premier contient la varia lectio de l’entière tradition ; le deuxième montre les ‘macro-variantes’. En outre, le champ droit de l’apparat est lié au texte critique par un système de ‘réclames’ ; de cette manière, le lecteur sera, espère-t-on, orienté plus aisément, dans une sorte de ‘triangulation’ parmi le texte et les deux champs de l’apparat. Le troisième chapitre consiste en une étude du ms. A4 et il est composé d’un paragraphe codicologique, d’une étude des enluminures et d’une brève analyse linguistique. La deuxième section du travail comprend l’édition critique du MGl, suivie par une annexe et un bref glossaire. La troisième section vise à analyser les modèles narratifs de deux branches du poème (la première et la dernière, les deux indubitablement ‘originaires’). L’analyse est fondée sur base morphologique : j’ai essayé de souligner les isomorphies entre ces récits et le 'meta-plot' défini par V. Propp dans son Morphologie du conte. J’ai utilisé le schéma de Propp pour orienter mon analyse : à chaque rencontre avec des fonctions narratives, j’ai tenté de renforcer l’étude avec des dossiers anthropologiques, en soulignant, en plus, l'interconnexion parmi les dimensions historiques et historico-littéraires. Parmi les travaux de Propp, ma référence a été l’œuvre Les racines historiques du conte merveilleux. Dans la clôture du chapitre, j’ai étudié l’entrelacement des ‘modèles du carnaval’ et des ‘modèles rituels’ qui émergent de la première branche, tout comme les indicateurs de ‘familiarisation’ (Bachtin) dans les deux branches extrêmes. Le focus central a été le rôle ‘à deux tranchants’ de la représentation de la nourriture : élément de familiarisation et, au même temps, ‘relais objectale’ de lutte idéologique. À cet égard, certains épisodes ont été privilégiés : l’analyse de la bagarre conventuelle, qui achève la première branche, a donné le ton de la recherche. L’étude a été donc étendue à la rencontre entre Guillaume et les larrons et à la première expérience du héros au sein de l’abbaye (laisses VII-XVII).

Abstract

This work aims at presenting a muliperspectival view on Le Moniage Guillaume long, chanson de geste composed in the last quarter of XIIth century and transmitted by seven manuscripts. My work is divided in three main sections: 1) Philological study; 2) Critical edition, annex and glossary; 3) Study of the narrative models and of the cultural models, which emerges in the two main branches of the poem (Moniage ‘proprement dit’ and branche d’Ysoré). The first section is divided in three chapters: In the first chapter, some of the issues related to the connection between Moniage Guillaume long (MGl) and Moniage Guillaume bref (MGb) are studied. The study proceeds with a description of the manuscripts through which the MGl is transimitted, then with a presentation of the recensio, followed by the proposal of a new stemma codicum, rather different from the one provided by the first editor of the chanson (W. Cloetta, 1906-1911). A study of the versification of the poem concludes this chapter. In the second chapter, the critical edition is introduced. I start from the critical discussion of the two previous editions of the MGl (Cloetta 1906-1911, Andrieux- Reix 2004), both methodologically outdated. The principles of my new edition are therefore outlined: I propose a reconstruction of the ‘subarchetype/adaptation’ A. Subsequently, the transcription criteria are exposed as well as the critical apparatus. This apparatus is highly innovative: it is organized in three sections. In the first of them, the corrective interventions on A4 (my manuscript de référence) are pointed out. The second section is divided in a left and a right field: the first one contains the varia lectio of the whole tradition; the second one shows the ‘macro- variants’ (verses belonging to the others subarchetypes, omissions of A and of the others subarchetypes, inversions etc.). Further, the right field is linked to the critical text with a réclames system; in this way the reader will be more easily oriented, in a sort of ‘triangulation’ between text, right field and left field of the apparatus. The exposition of the ratio of the reconstructive interventions concludes the chapter. The third chapter consists in a study of the ms. A4 and it is composed of a codicological paragraph, a study of the enluminures, and a linguistic study. The second section of my work consists in the critical edition of MGl , followed by an annex and a little glossary. The third section consists in the study of the narrative models of the poem’s first and last branches (the two undoubtedly ‘originals’). The analysis relies on a morphological basis: the adhesion of the récits to the meta-plot enucleated by V. Propp in his Morphology of the fairy-tale is certified. I used the Propp’s scheme as a guide for my narrative analysis: whenever I found out a narrative function, I substantiated the study with anthropological dossiers, pointing out the interlink between the historical and historico-literary dimension. Among Propp’s works, my ideal reference of The Historical Roots of the Wonder Tale. In the concluding part, the interweaving of ‘carnival models’ and ‘ritual models’ emerging in the first branche is studied, along with ‘familiarizing’ (Bachtin) indicators in the first and in the last branche. In particular, the main focus is the double-edged role of the representation of food: ‘familiarizing’ element and objectual relais of ideological struggle at the same time. In this regard, certain episodes have been privileged: the analysis of the conventual bagarre, which concludes the first branche, will set the pace of the research. The study is then extended to the meeting between Guillaume and the robbers and to the first experiences of the hero within the abbey (laisses VII-XVII); some class dialectics proper to the Central Middle-Ages (relationship between great aristocracy, monks and sergents) are underlined in this part.