Frederik ROGNER

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
lundi 29 avril 2019 - 10:00
Espace et narrativité dans l'image bi-dimensionnelle du Nouvel Empire égyptien

M. Frederik ROGNER soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Andréas STAUDER et Mme Susanne BICKEL

Cotutelle : Université de Bâle (SUISSE)

  • Universität Basel - Bernoullistrasse 28, 4056 Basel, SUISSE - Salle 001
  • Jury : M. Andréas STAUDER, Mme Susanne BICKEL, M. Markus KLAMMER, Mme Alexandra VERBOVSEK

Résumé

Par suite d’un certain nombre d’attendus égyptologiques traditionnels le caractère intuitivement fortement narratif d’un grand nombre d’images égyptiennes est généralement nié en égyptologie. En développant des critères qui correspondent mieux au matériel étudié, on réexamine ici la question de la narrativité de l’image égyptienne. Pour ce faire, l’art bidimensionnel du Nouvel Empire (env. 1550-1050 av. J.-C.) constitue naturellement un matériel particulièrement propice, en raison de plusieurs développements innovants ainsi que de la quantité de matériel préservé. La partie principale de la thèse traite des chapelles des tombes privées, qui présentent l’éventail le plus riche de moyens artistique avec effets sur le niveau de narrativité perçue. L’approche prend en compte les différents niveaux de spécificité et de dynamisme - de l’individualisation d’un seul objet jusqu’à l’espace virtuel des images et finalement l’espace créé par les supports monumentaux. Les degrés de narrativité résultant de l’augmentation de la spécificité et/ou du dynamisme sont ainsi analysés. La démarche combine une description formelle des outils artistiques avec leur (re-) contextualisation dans les pratiques antiques, dans un sens influencé par l’esthétique de la réception. La thèse vise ainsi à élaborer une notion de narrativité immanente à l’image égyptienne (plutôt que relative à son éventuel caractère référentiel). Afin de bien tenir compte de la diversité des genres visuels, les résultats de l’analyse des tombes privées sont mis en perspective avec les moyens artistiques mis en oeuvre dans les temples et les tombes royales. Finalement, est présenté l’usage ancien des possibilités de narrativisation visuelle, prenant en compte entre autres la visibilité et la fonction des images.

Abstract

Due to certain premises, the intuitively strongly narrative character of many Egyptian images is traditionally negated in much Egyptological research. Developing criteria which better fit the examined material, the issue of the narrativity of the Egyptian image is treated anew. The bi-dimensional art of the New Kingdom (ca. 1550-1050 B.C.) lends itself exceptionally well to the analysis owing to several innovative developments as well as to the quantity of preserved material. The main part of the thesis treats the tomb chapels of the private tombs, where the widest range of relevant artistic devices can be found. Considering different levels of specificity and dynamism - from the individualisation of a single object to the virtual space of the images and finally to the space created by the monumental context itself - the differing degrees of narrativity resulting from enhancing specificity and/or dynamism are analysed. The approach combines a formal description of artistic means with their (re-) contextualization in ancient practices, in ways that are influenced by reception aesthetics. Thus, the thesis aims at elaborating a notion of narrativity which is immanent to the Egyptian image (rather than related to an assumed referential character of this image). Differences created by the respective genres are considered by comparing the results obtained in the analysis of private tombs with artistic means found in temples as well as in royal tombs. Finally, ancient applications of the possibilities of visual narrativization are presented, considering notably the visibility and the function of specific images.