Francesca GHEZZI

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Religions et systèmes de pensée
Date :
mardi 18 décembre 2018 - 10:00
Le Saint-Siège et les catholiques de France et d'Italie face à la guerre au Viêtnam (1963-1966). Entre légitimation de la guerre, action de paix et primauté de la conscience.

Mme Francesca GHEZZI soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Denis PELLETIER et M. Daniele MENOZZI

Cotutelle : La Scuola Normale Superiore de Pise (ITALIE)

  • Scuola Normale Superiore - Palazzo della Carovana, Piazza dei Cavalieri, 7 - 56126 Pisa, Italie, salle Aula Bianchi
  • Jury : M. Denis PELLETIER, M. Frédéric GUGELOT, Mme Maria PAIANO, M. Daniele MENOZZI, M. Christian SORREL, M. Bartolo GARIGLIO

Résumé

Ma thèse de doctorat examine les réactions du Saint-Siège et, à travers une approche comparative, des catholiques français et italiens aux événements survenus au Viêtnam entre la seconde moitié de 1963 et le premier semestre de 1966. Dans cette période une série d'événements attirerait de nouveau l'attention internationale sur le Viêtnam, alors que Paul VI reprenait les travaux du concile Vatican II et les menait à terme. En même temps, le système international et les sociétés de l'Europe occidentale connaissaient des transformations majeures dans leurs structures profondes. Entre 1963 et 1966 le Viêtnam semble avoir été perçu par l'Église comme le théâtre de trois formes différentes de conflit : une guerre de religion (1963, « crise bouddhiste »), une éventuelle troisième guerre mondiale atomique (1964-1965, crise du golfe du Tonkin et intervention armée des États-Unis contre le FLN et le Viêtnam du Nord), une guerre demi-conventionnelle asymétrique qui provoqua une urgence humanitaire (1965-1966, intense escalade). Chacune de ces formes souleva des questions spécifiques et délicates aux yeux de l'Église conciliaire, dont la plupart intéressaient les rapports entre religion et politique. Les questions les plus pressantes concernaient la légitimité de la « guerre juste » à l'âge atomique, la nécessité d'une action concrète de l'Église en faveur de la paix, la primauté de la conscience. Engagée dans une dialectique interne complexe et souvent contradictoire, l'Église semble avoir été divisée entre l'esprit de « l'aggiornamento » de Vatican II, introduit par le magistère de Jean XXIII, et son lien traditionnel avec l'Occident, marqué par le rigide anticommunisme du pontificat de Pie XII des années Cinquante.

Abstract

My PhD dissertation analyzes the reactions of the Holy See as well as of French and Italian Catholics, through a comparative approach, to the events in Vietnam between the second half of 1963 and the first half of 1966. Within this time frame, a series of events would bring the international attention back on Vietnam, while Paul VI would resume the work of the Second Vatican council and lead it to a conclusion, and while both the international system and Western European societies would go through major transformations in their deep structures. Based on my study, I argue that between 1963 and 1966 Vietnam would have been perceived as the scene of three different forms of conflict in the eyes of the Church. A religious war (1963, ‘Buddhist crisis’), a potential atomic third world war (1964-1965, Gulf of Tonkin crisis and U.S. full military intervention in Vietnam), and an asymmetric, semiconventional war that would cause a humanitarian emergency (1965-1966, intense escalation of the war). Each of these forms of conflict would raise specific and delicate issues for the conciliar Church, most of which regarding the relationship between religion and politics. The most pressing of these issues would come to be the legitimacy of the “Just War” doctrine in the atomic age, the need for concrete action in favor of peace on behalf of the whole Church, and primacy of conscience amongst the Catholics. Engaged in a complex and often contradictory internal dialectic, the Church appears to have been divided between the spirit of Vatican II’s ‘aggiornamento’, introduced by John XXIII’s magisterium, and the its traditional connection with the West, marked by Pius XII’s rigid anticommunism of the Fifties.