Edouard SILL

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
mardi 18 juin 2019 - 14:00
Du combattant volontaire international au soldat-militant transnational : le volontariat étranger antifasciste durant la guerre d’Espagne (1936-1938)

M. Edouard SILL soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Gilles PÉCOUT

  • En Sorbonne - 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris, Amphithéâtre Liard
  • Jury : M. GILLES PÉCOUT, M. JEAN VIGREUX, M. SERGE WOLIKOW, Mme MERCEDES YUSTA RODRIGO, M. JEAN-MARC LARGEAUD

Résumé

Le volontariat international combattant durant la guerre civile espagnole (1936-1939) demeure un sujet particulièrement étudié et régulièrement mobilisé à propos des débats sur les engagements combattants transnationaux contemporains, à la mesure des caractéristiques exceptionnelles adoptées alors par le phénomène et de la multiplicité de ses points de rencontre avec le contexte de la « guerre civile européenne ». Cependant, les fameuses Brigades internationales avaient accaparé l’attention de l’historiographie, dissimulant le phénomène derrière sa principale manifestation. De ce fait, le volontariat international combattant n’avait pas encore été envisagé depuis une perspective globale, comme une séquence singulière d’un phénomène transnational récurrent, dans laquelle les Brigades internationales constituent un objet singulier. Étayée sur un corpus d’archives en grande partie inédit, cette thèse s’attache à mettre en relief le phénomène du volontariat international combattant durant la guerre d’Espagne, en considérant sa dimension majoritaire antifasciste, pro-républicaine. Cette perspective induit par conséquent un exercice de redéfinition et de réinterprétation de la place des Brigades internationales, tant dans les stratégies géopolitiques et culturelles transnationales du mouvement communiste que dans le champ plus large de l’antifascisme du mitan des années trente. Le fil heuristique repose sur trois axes problématiques. Le premier procède par un changement d’échelle dans l’analyse du phénomène, en retournant la perspective habituelle d’histoire sociale qui prend comme postulat les seuls volontaires, pour envisager le phénomène d’un point de vue systémique afin d’en révéler les ressorts ainsi que l’espace qu’il occupe. Le second propose de dégager le phénomène de l’ombre des Brigades internationales pour observer et comparer ses différentes manifestations, permettre d'en révéler la pluralité et les variétés, et interroger leurs rapports et présences entre elles et avec l’événement. Le troisième considère les intentions et destinations politiques ayant déterminé le phénomène, son ampleur, sa périodicité et ses variétés. Ce fil heuristique permet de revoir l’historicité du phénomène comme une séquence d’une histoire longue dont il porte les traces et poursuit l’héritage, tout en soulignant sa dépendance à des logiques partisanes circonstancielles. La thèse est divisée en quatre parties diachroniques, séquencées de manière chronologique. Les deux premières traitent de la période allant de juillet 1936 à septembre 1937. Les deux dernières couvrent la période courant d’octobre 1937 à octobre 1938. Deux parties (la première et la troisième) considèrent le phénomène dans sa globalité tandis que les deux autres (la deuxième et la quatrième) sont entièrement consacrées aux Brigades internationales, dans leurs origines, intentions et situations dans le phénomène. La première partie se présente sous la forme d’une description panoramique et d’un inventaire du phénomène tandis que la seconde observe la survenue des Brigades internationales et les desseins poursuivis par l’Internationale communiste dans leur création. La troisième partie est consacrée aux transformations subies par le phénomène durant son immersion espagnole et aux processus ayant conduit à sa réduction puis à son extinction. La dernière partie considère les Brigades internationales durant leur dernière année d’existence tandis qu’elles sont devenues l’unique manifestation du phénomène, et les conséquences à leur endroit de l’aggiornamento de la politique espagnole du Komintern.

Abstract

International war volunteerism during the Spanish Civil War (1936-1939) is a widely studied topic and frequently called upon the contemporary politics about transnational volunteerism, in accordance with the originality of the phenomenon during this time, through the background of the “European Civil War”. However, the famous International Brigades have captured all the attention of historiography, concealing the phenomenon under its main manifestation. As a result, international war volunteerism has not yet been considered from a global perspective, as a singular sequence of a recurrent transnational phenomenon in which the International Brigades constitute a highly idiosyncratic object in themselves. Based on a largely unpublished corpus of archives, this thesis focuses on highlighting the phenomenon of international war volunteerism during the Spanish Civil War by considering its predominantly anti-fascist, pro-Republican dimension. This perspective has therefore led to an exercise in redefining and reinterpreting the place of the International Brigades both in the transnational geopolitical and cultural strategies of the communist movement, and in the wider field of anti-fascism in the mid-1930s. The heuristic thread is based on three major problematic lines. The first one proceeds with a change of scale in the analysis of the phenomenon, by reversing the usual perspective of social history, which takes as a postulate the volunteers alone, and by considering the phenomenon from a systemic point of view in order to reveal the impulse behind it as well as the space it occupies. The second proposes to disengage the phenomenon from the shadow of the International Brigades so as to observe and compare its various manifestations, reveal their plurality and variety, and examine their presence and relations both with each other and with the event. The third one considers the political intentions and destinations which determined the scale, periodicity and varieties of the phenomenon. This heuristic thread makes it possible to reconsider the historicity of the phenomenon as a sequence of a long history of which it bears the traces and pursues the inheritance, while emphasizing its dependence on circumstantial partisan logics. The thesis is divided into four diachronic, chronologically-sequenced parts. The first two deal with the period from July 1936 to September 1937 while the last two cover the period from October 1937 to October 1938. Two of the parts --the first and third ones-- consider the phenomenon in its entirety, while the other two --the second and fourth-- are entirely devoted to the International Brigades, from the vantage point of their origins, intentions and situation in the phenomenon. The first part takes the shape of a description and inventory of the phenomenon, whereas the second part observes the appearance of the International Brigades and the designs pursued by the Communist International in their creation. The third part is devoted to the transformations undergone by the phenomenon during its Spanish immersion, and to the processes that led to its reduction and extinction. The last part considers the International Brigades as they became the only manifestation of the phenomenon during their last year of existence, and the consequences for them of the aggiornamento of the Spanish policy of the Comintern.