Dominique LAUVERNIER

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
jeudi 06 décembre 2018 - 09:00
Les espaces scéniques de la Cour de France, 1659-1792 : inventaire des sources, méthodes de traitement et nouveaux apports

M. Dominique LAUVERNIER soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de Mme Sabine FROMMEL

  • EPHE-MSH, 54 boulevard Raspail, 75006 Paris, salle 33
  • Jury : Mme Sabine FROMMEL, Mme Raphaëlle LEGRAND, Mme Elena TAMBURINI, M. Jan LAZARDZIG

Résumé

Les espaces scéniques de la Cour de France sont abordés dans la continuité des trois derniers règnes de l’Ancien Régime, à partir d’un ensemble de sources le plus exhaustif possible. Cette nouvelle approche, résolument globale, repose sur le constat que les études précédentes ne se fondaient que rarement sur une identification précise de la nature même des sources qu’elles utilisaient et privilégiaient toujours des sondages ponctuels. A l’inverse, la présente thèse propose d’abord une analyse typologique des sources documentaires, tout particulièrement le considérable fonds des archives de la Maison du roi et des documents textuels, iconographiques et imprimés qu’elle a produits, ainsi que des rares vestiges conservés. Elle met en place des protocoles de travail adaptés à ces sources anciennes et au volume considérable du fonds : restitution virtuelle, base de données-calendrier documentant les lieux de représentation et répétition, interdisciplinarité nécessaire en raison de l’intrication des questions théâtrales, politiques, administratives, artisanales. Un lieu ne peut en effet se comprendre et se restituer sans la connaissance des techniques et méthodes de réalisation, des enjeux curiaux, des pratiques scéniques, et des traditions. La thèse expose quelques résultats significatifs de l’efficacité de cette méthodologie, tant pour le règne de Louis XIV aux sources lacunaires mais souvent considérées comme trop connues, que pour les règnes ultérieurs, très documentés. Notre connaissance des pratiques scéniques, des machines, de l’éclairage, par exemple, s’en trouve enrichie. Apparait également une constance remarquable des pratiques adaptatives et empiriques de la Cour de France, après la “tabula rasa” de 1659 et les premières voies ouvertes, très vite abandonnées. De la masse des archives comptables, corroborant d’autres sources, se lit enfin une tentative sans fin de la part des Menus-Plaisirs pour gérer efficacement et économiquement une quantité croissante de lieux et matériels, inflation sans doute liée aux prétentions d’une Cour qui se voit comme la plus puissante d’Europe, alors même que la Maison royale ne fait que s’endetter jusqu’en 1789. Cette thèse entend donc ouvrir la voie à de futures recherches sur les spectacles à la Cour de France, ainsi qu’à une meilleure connaissance des lieux grâce aux nouvelles technologies.

Abstract

The scenic spaces of the Court of France are studied in the continuity of the last three reigns in the Ancien Régime, from a set of sources as exhaustive as it can be. This new approach, global, is induced by the observation that previous studies were rarely based on a precise identification of the very nature of the sources they used and always favored short surveys. Conversely, this dissertation proposes a typological analysis of the documentary sources, especially the huge collection of the archives from the House of the King and the textual, iconographic and printed documents that this administration has produced, as well as rare remains of scenic material.It sets up working protocols adapted to these old sources and to the large volume of the archives : virtual restitution, database-calendar documenting the places for performance and rehearsal, interdisciplinarity required by the entanglement of the theatrical, political, administrative and artisanal ways. A place can not be understood and restituted without the knowledge of the techniques and methods of creation, the curial isues, the stage practice, and the traditions. The dissertation presents some significant results of the effectiveness of this methodology, both for the reign of Louis XIV with its lacunar sources but often considered too well known, as for later reigns, well documented. Our knowledge of scenic practice, machines, lighting, for example, is increased. There is also a remarkable consistency of adaptive and empirical practices of the Court of France, after the "tabula rasa" of 1659 and the first open ways, very quickly abandoned. The collection of accounting records, which corroborate other sources, shows an endless attempt from the Menus-Plaisirs to manage efficiently and economically a growing amount of places and materials, inflation likely linked to the claims of a Court which sees itself as the most powerful in Europe, even though the Royal House is only going into debt until 1789. The dissertation intends to pave the way for future research on shows at the Court of France, as well as to a better knowledge of places, thanks to new technologies.