Diane ZHANG

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
samedi 18 novembre 2017 - 09:00
Les vestiges funéraires Xixia et leur interprétation : art, rites et croyances dans l’au-delà au royaume des Tangoutes

Mme Diane ZHANG soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Alain THOTE

  • EPHE-SORBONNE, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris, escalier E, salle Gaston Paris (D064))
  • Jury : M. Nicola DI COSMO, M. Etienne DE LA VAISSIERE, M. Pierre MARSONE, M. Alain THOTE, M. Meicun LIN

Résumé

Sédentarisés dans le nord-ouest de la Chine actuelle pendant la dynastie Tang, les Tangoutes créèrent sous les Song l'empire Xixia (en 1038), que les armées de Genghis Khan détruisirent en 1227. La présente thèse porte sur la culture funéraire des Xixia. Elle se fonde sur une étude exhaustive des tombes fouillées à partir des années 1970. Leur nombre est limité, mais leur variété permet de dresser un tableau relativement complet dans la mesure où ces sépultures appartiennent à des classes sociales différentes, de la population ordinaire jusqu’aux souverains, en passant par des aristocrates et des moines. L'analyse des sources écrites vient étoffer celle des vestiges archéologiques. Elles sont également peu nombreuses, mais présentent l'avantage d’avoir plusieurs origines : ce sont principalement des sources chinoises (annales historiques, témoignages de lettrés ou fonctionnaires) et des textes administratifs Xixia. Elles permettent en particulier de confirmer la diversité des pratiques funéraires (la crémation et l'ensevelissement constituant deux modes récurrents) et leur spécificité en fonction de la classe sociale, ou même de l'âge du défunt. La comparaison des vestiges funéraires Xixia avec ceux des Chinois et des autres peuples périphériques permet, au contraire de l'opinion générale véhiculée dans la littérature universitaire chinoise, de faire apparaître l'originalité et la créativité de ce peuple. Celle-ci semble même se manifester jusqu'au plan individuel, en particulier dans l'individuation des tombes ou l'élaboration de motifs décoratifs spécifiques aux tombes impériales. Ce constat conduit à suggérer que les sépultures Xixia constituaient de véritables tombes-portraits.

Abstract

After settling in the North-Western part of present China during the Tang dynasty, the Tangut established the Xixia empire under the Song (in 1038). It lasted until 1227, when the dynasty was defeated by the armies of Genghis Khan. This thesis is focused on Xixia funerary culture. It is based on a comprehensive survey of the tombs which have been excavated since the 1970s. They are not numerous, but varied enough to draw a global picture since the tombs belong to members of different social status, from ordinary people to rulers, from aristocrats to monks. Analysis of written documents allows to expand the study of archaeological findings. They are in limited number too, though advantageously from multiple origins, mainly Chinese sources (historical annals, records from scholars and civil servants) and Xixia administrative documents. They notably confirm the diversity of funerary practices (cremation and burying being two recurring modes) and their specificities according to the deceased's social class, or even his age. A comparison between Xixia funerary remains and those from Chinese or other peripheral peoples leads, conversely to the general view conveyed by Chinese academic literature, to stress the originality and creativity of the Tangut people. As a matter of fact, it seems to show down to the personal level, particularly through tombs architectural individualisation as well as through the production of specific decorative patterns in imperial tombs. These observations suggest that Xixia graves represented real portrait-tombs.