Cyprien HENRY

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
vendredi 26 janvier 2018 - 14:00
Cujus diocesis, ejus diplomatica ? Pouvoirs diocésains et diversité des pratiques d’écrit diplomatique en Bretagne (990-1215)

M. Cyprien HENRY soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Laurent MORELLE

  • EPHE - Sorbonne, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris, Escalier E, 1er étage, salle Delamarre (D059)
  • Jury : Mme Julia BARROW, Mme Véronique GAZEAU, M. Olivier GUYOTJEANNIN, M. Florian MAZEL, M. Laurent MORELLE, Mme Chantal SENSEBY

Résumé

Fondée sur une approche comparatiste des neuf diocèses constitutifs du duché de Bretagne, cette étude se donne pour but d’explorer les rapports qu’entretiennent les différents pouvoirs diocésains (évêques, chapitres, archidiacres, doyens) avec l’écrit diplomatique entre le relèvement de l’église bretonne à la fin du Xe siècle et le concile de Latran IV. Une première séquence chronologique voit le développement de l’écrit accompagner aussi bien l’affermissement du pouvoir épiscopal dans le contexte de la réforme pontificale que l’expansion monastique ligérienne en Bretagne ; les solutions envisagées sont toutefois très variées d’un diocèse à l’autre, la plupart ignorant tout à fait l’acte diplomatique pendant tout le XIe siècle, quand d’autres se dotent d’une chancellerie organisée développant une véritable politique documentaire. Les années 1090 voient se dessiner un mouvement de convergence vers des usages plus homogènes de l’écrit, par acculturation progressive de tous les diocèses à un modèle très lié aux idéaux ecclésiaux romains et en partie diffusés par les moines bénéficiaires des actes. Ce n’est toutefois que dans les années 1150 que l’écrit devient un outil de gouvernement habituel dans les diocèses bretons, mouvement qui s’accompagne d’une standardisation de plus en plus marquée des formulaires et de l’affirmation de la dimension juridique voire juridictionnelle des actes, tandis qu’accèdent à l’écrit les autres détenteurs d’autorité diocésaine. L’approche comparatiste met cependant en exergue la grande disparité d’un bout à l’autre de la Bretagne, entre une zone est beaucoup plus familière de l’écrit qu’une zone ouest où il reste plus rare.

Abstract

Based on a comparative approach of the nine constituent dioceses of the Duchy of Brittany, this study aims to explore the relationship between holders of diocesan power (bishops, chapters, archdeacons, deans) and diplomatic writing from the time of the rise of the Breton church at the end of the 10th century until the Fourth Lateran Council. A first chronological phase sees the development of writing arising from both the strengthening of episcopal power in the context of pontifical reform and the monastic expansion from the Loire Valley into Brittany. This development is very variable from one diocese to another; while most of them completely ignore diplomatic acta right up to the very end of the 11th century, others equip themselves with an organized chancery developing a real documentary policy. In the 1090’s we begin to see a movement of convergence towards more homogeneous uses of written language through the gradual assimilation by all dioceses of a model that was closely linked to Roman ecclesiastic ideals which were partly disseminated by the monks who were beneficiaries of the acta. It was only in the 1150’s, however, that written acta become a habitual tool of governance in the Breton dioceses. This evolution is accompanied by a marked increase in the standardization of terms and a strengthening of the legal and judicial dimension of the acta and sees at the same time other holders of diocesan authority beginning to issue their own charters. What this comparative approach does highlight, however, is the great disparity across Brittany, between an eastern area that is much more accustomed to writing communication and a western area where it remains more rare.