Claude RILLY

Diplôme :
HDR
Date :
samedi 15 décembre 2018 - 14:00

M. Claude RILLY présente ses travaux en soutenance en vue de l'obtention de l'Habilitation à diriger des recherches

  • En Sorbonne, Faculté des Lettres de Sorbonne Université, Escalier G, 3e étage, salle J 324, 1 rue Victor Cousin, 75005 Paris
  • Jury : M. MICHEL CHAUVEAU, M. JOACHIM QUACK, M. VINCENT RONDOT, M. ANDRÉAS STAUDER, M. PIERRE TALLET

Claude Rilly présentera l’avancement de ses travaux sur la langue méroïtique (Soudan ancien) tel qu’il est détaillé dans les deux mémoires proposés au jury, En quête de sens : vers une traduction des textes méroïtiques (mémoire de synthèse) et Répertoire d’épigraphie méroïtique. Analyse des textes publiés. Tome IV. REM 0001 à 0073 (monographie inédite).

Le méroïtique est une des nombreuses langues anciennes incomplètement déchiffrées, bien que leur écriture soit connue : plus près de nous, c’est le cas de l’étrusque et du gaulois. Les travaux récents de Claude Rilly (La langue du royaume de Méroé, 2007 ; Le méroïtique et sa famille linguistique, 2010, Meroitic Language and Writing System, avec A. de Voogt, 2012) ont d’ailleurs permis de faire passer le méroïtique de la situation de l’étrusque, langue isolée sans lien avec un idiome connu, à celle du gaulois, langue indo-européenne de la branche celtique. L’appartenance récemment prouvée du méroïtique au soudanique oriental nord (SON), rameau du phylum nilo-saharien, permet désormais d’ajouter à l’arsenal des méthodes traditionnelles (analyses contextuelles, utilisation de parallèles égyptiens, rares bilingues et gloses) une nouvelle arme, la comparaison avec les langues SON (nara d’Érythrée, parlers nubiens du Soudan et d’Égypte, groupe taman du Darfour, groupe nyima dans les Monts Nouba au Soudan) et avec ce que l’on peut reconstruire du proto-SON parlé il y a 5000 ans.

Afin de montrer l’avancement du déchiffrement, Claude Rilly présentera deux résultats contrastés sur deux textes récemment découverts : l’ostracon de Sélib (fouilles polonaises sous la direction de Bogdan Zurawski, 2018) et la stèle de la dame Ataqeloula (fouilles françaises de Sedeinga sous la direction de Claude Rilly, 2016). L’ostracon reste en grande partie obscur : il s’agit de comptes de certains biens en faveur de plusieurs divinités mineures, mais ces biens (bétail ?) restent imprécisables et ces dieux quasi inconnus. En revanche, le long texte funéraire de Sedeinga est presque entièrement traduisible.

Les projets de recherche sur la langue de Méroé dans les années futures reposent en grande partie sur la poursuite de la publication des textes (2100 environ, de longueur variable). Le Répertoire d’épigraphie méroïtique (REM), commencé en 1958 sous la direction de Jean Leclant, a été publié en 2000 sous la forme de trois volumes cataloguant les mille premières inscriptions (illustration, numérotation, description, bibliographie), mais sans en donner de lecture ni d’analyse. Les tomes IV à VII, dont un premier jet constitue la monographie inédite proposée à l’évaluation du jury, contiendront ces lectures, analyses et, chaque fois que possible, des traductions. Mais il s’agit d’un travail colossal, dont seule une équipe pourra venir à bout. C’est en ce sens que Claude Rilly présente son habilitation, afin d’attirer dans ce domaine fascinant mais terriblement exigeant, grâce à un enseignement spécifique, des énergies nouvelles.