Claire SOUSSEN

Diplôme :
HDR
Date :
vendredi 25 novembre 2016 - 14:00

Mme Claire SOUSSEN présente ses travaux en soutenance en vue de l'obtention de l'Habilitation à diriger des recherches

  • En Sorbonne, Salle Gaston Paris (D064), Escalier E, 1er étage, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris
  • Jury : M. RAM BEN-SHALOM, Mme CLAUDE DENJEAN, M. PATRICK HENRIET, M. DOMINIQUE IOGNA-PRAT, M. MAURICE KRIEGEL, Mme JUDITH SCHLANGER, M. JOHN TOLAN

La lecture des sources relatives à l’histoire des relations entre juifs et chrétiens en péninsule Ibérique à la fin du Moyen Âge conduit à évoquer une thématique récurrente : la question de la pureté. Bien mise en évidence par les travaux des anthropologues pour d’autres cultures et d’autres contrées que le Moyen Âge occidental, telle Mary Douglas, Purity and Danger: An Analysis of Concepts of Pollution and Taboo, Londres, 1966, il semble que la question de la pureté est centrale comme référence ou idéal pour l’organisation sociale. L’exigence de pureté peut être explicitement formulée ou bien seulement suggérée, mais l’analyse de la documentation montre qu’elle sous-tend les questionnements médiévaux sur la validité et la licéité des relations entre juifs et chrétiens. En effet, les dirigeants des communautés et les savants juifs et chrétiens, dès lors qu’ils sont garants de la norme religieuse, posent la question de la pureté comme limite à la fluidité des relations sociales. Trouvant son origine dans l’Ancien Testament autour de quelques champs précis : l’alimentation ou le tabou du sang (lui-même très ancien et fondateur dans l’organisation des sociétés humaines comme élément d’inclusion ou d’exclusion), la préoccupation autour de la pureté resurgit régulièrement jusqu’à devenir obsédante dans la Péninsule Ibérique des dernières décennies du Moyen Âge. La documentation de la pratique comme les sources théoriques juives et chrétiennes sont examinées dans le cadre de l’étude.