Basma FADHLOUN

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Histoire, textes et documents
Date :
samedi 09 janvier 2016 - 09:30
Tradition et innovation du chapiteau ibéro-maghrébien au Bas Moyen-Age. Le devenir de leur structure ornementale

Mme Basma FADHLOUN soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. François DEROCHE

  • EPHE - Sorbone, 17 rue de la Sorbonne, 75005 PARIS, escalier E, salle D059
  • Jury : Mme Agnès CHARPENTIER, Mme Saloua DARGHOUTH, M. François DEROCHE, M. Michel TERRASSE, Mme Magdalena VALOR

Résumé

Le chapiteau ibéro-maghrébin apparaît aujourd’hui comme l’une des expressions les plus caractéristiques de la sculpture islamique médiévale : il connaît du IXe au XIVe siècle, avec une riche production, une incessante adaptation à son contexte politique et social ; il s’affirme ainsi comme un reflet privilégié de l’art islamique en Occident et de son évolution. Notre choix s’est porté sur cet élément architectural car il apparaît comme un élément clé — membre d’architecture et œuvre ornementale à la fois — pour appréhender l’art et les techniques du monde ibéro-maghrébin du bas Moyen Age confrontée à la poussée chrétienne des XIIIe et XIVe siècles. Seules les villes nasrides, mérinides et abd al-wadides échappent aux reconquêtes du XIIIe siècle. Le chapiteau constitue l’un des témoins de ce nouveau contexte historique et géographique de l’art islamique d’Occident. Pour mieux saisir ce phénomène, nous avons pris le parti d’étudier les chapiteaux islamiques ibéro-maghrébins dans une perspective diachronique. Ils apparaissent comme le fruit d’une longue évolution que nous avons tenté de saisir dans sa globalité avant de mettre en lumière, à partir d’un catalogue raisonné, la production des trois émirats et des diverses écoles développées au bas Moyen Age. La perspective ibéro-maghrébine retenue a permis d’établir une grille de classement typologique inédite, qui englobe toute la zone visée. Elle met en lumière une évidente évolution et une diversité qui révèle les particularismes liés à la vitalité de foyers d’art sans cesse plus nombreux. Cette évolution, marquée par bien des diversifications régionales, témoigne, au reste aussi bien, de riches échanges entre les émirats de l’aire culturelle ibéro-maghrébine.

Abstract

Tradition and Innovation in the development of the Ibero-Maghrebian capital in the Late Medieval Period. The evolution of an ornamental structure

The Ibero-Maghrebian capital is one of the most characteristic forms of medieval Islamic sculpture. Prolifically produced from the 9th to the 14th century, it was constantly adapted to its social and political context, and became a prime reflection of Islamic art in the West and its evolution. In the present work I chose to focus on this architectural element because it is key, as at once architectural member and ornamental work, to understanding the art and techniques of the Ibero-Maghrebian world of the Low Middle Ages, and notably its confrontation with the Christian push of the 13th and 14th centuries. Only Nasrid, Marinid and Zayyanid cities escaped the reconquests of the 13th century, and the capital is one of the reflections of this new historical and geographical context for Islamic art in the West. To better grasp this phenomenon, I chose to study Ibero-Maghrebian Islamic capitals from a diachronic perspective. These capitals are the fruit of a long process of evolution, which I describe overall before examining the production of the three emirates and the various schools developed in the Low Middle Ages. By taking an Ibero-Maghrebian perspective, I was able to establish a novel typological framework which encompasses productions throughout the entire area. It highlights clear change over time and a diversity that reflects particularisms linked to the vitality of increasingly numerous centres of production. This evolution, marked by many regional diversifications, testifies to the rich exchanges between the emirates of the Ibero-Maghrebian cultural space.