Antoine PIETROBELLI

Diplôme :
HDR
Date :
mardi 05 décembre 2017 - 14:00

M. Antoine PIETROBELLI présente ses travaux en soutenance en vue de l'obtention de l'Habilitation à diriger des recherches

  • EPHE, En Sorbonne, salle Gaston Paris, esc. E, 1er étage, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris
  • Jury : Mme VERONIQUE BOUDON-MILLOT, M. CHRISTIAN JACOB, Mme VIRGINIE LEROUX, Mme MARGHERITA LOSACCO, M. DIDIER MARCOTTE, Mme BRIGITTE MONDRAIN, M. VIVIAN NUTTON

« Philologia medicans : Histoire de la médecine et histoire des textes »

Jusqu’au XVIIe siècle, médecine et philologie ont eu partie liée. Les médecins de l’Antiquité, du Moyen Âge et de la Renaissance se fondaient essentiellement sur des autorités grecques (Hippocrate et Galien) et les plus savants d’entre eux furent des philologues hellénistes capables d’éditer et de traduire les textes de ces autorités. Le dossier présenté interroge ces liens entre l’histoire des textes et l’histoire de la médecine à travers la figure centrale de Galien et du vaste corpus galénique. Il est composé d’un mémoire de synthèse qui présente le parcours académique, les travaux de recherche, les projets en cours et à venir ; de deux volumes qui regroupent des études sur Galien et le galénisme, l’histoire de la médecine et des contributions de philologie grecque (édition de textes ; histoire de la tradition manuscrite) ; d’une édition critique et traduction annotée à paraître dans la Collection des Universités de France (Galien, Commentaire au Régime des maladies aiguës d’Hippocrate, livre I) et d’un mémoire inédit.
Le mémoire inédit propose une nouvelle histoire du livre dans l’Antiquité en étudiant l’exemple de Galien. Il s’intitule « Écrire, éditer et publier dans l’Antiquité. Galien et ses livres ». Le corpus galénique occupe une part importante de la littérature grecque conservée et Galien est notre principale source sur l’histoire du livre antique. Ce mémoire décrit les conditions sociales et matérielles de la production des livres du médecin de Pergame. L’exemple de Galien invite à mieux définir la fonction sociale du livre dans l’Antiquité et son mode de production. Il révèle certains aspects inattendus : une écriture orale grâce à la technique de la tachygraphie ; des livres écrits pour un unique destinataire et d’autres corrigés et édités en vue d’être diffusés plus largement ; des stratégies mises en œuvre pour assurer un droit de l’auteur sur ses textes ; tout comme une distinction bien nette des actes d’édition et de publication. Cette réflexion sur l’histoire du livre ancien prend en compte les changements récents liés à la révolution numérique dans l’optique de nourrir les débats et questionnements contemporains.