Andrzej CHANKOWSKI

Diplôme :
HDR
Date :
samedi 26 novembre 2016 - 14:00

M. Andrzej CHANKOWSKI présente ses travaux en soutenance en vue de l'obtention de l'Habilitation à diriger des recherches

  • En Sorbonne, salle Delamarre (D059), Escalier E, 1er étage, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris
  • Jury : M. PATRICE HAMON, M. DENIS KNOEPFLER, M. FRANCOIS LISSARRAGUE, M. DENIS ROUSSET, Mme RIET VAN BREMEN, M. RALF VON DEN HOFF

La cité et les « jeunes » : les institutions éducatives dans le monde grec aux époques classique et hellénistique

avec un mémoire inédit
Les courses aux flambeaux dans l’Athènes classique : essai d’analyse institutionnelle et culturelle

Une des catégories fondamentales servant aux Grecs à concevoir leurs cités, la catégorie conceptuelle des « jeunes », c’est-à-dire des adolescents s’approchant du seuil de l’âge adulte, a été étudiée en particulier dans une perspective anthropologique et en fonction des traces qu’elle a laissées dans la pensée, dans le mythe et dans les pratiques sociales. Dans le présent dossier, elle est étudiée, en premier lieu, dans sa dimension institutionnelle. En effet, aux époques classique et hellénistique, l’éducation des « jeunes » et leur intégration dans le corps des citoyens adultes sont considérées comme l’affaire de la cité. Cette conviction trouve son expression dans plusieurs institutions éducatives, dont l’éphébie instaurée par de nombreuses cités à différents moments de leur histoire, comme en témoignent plusieurs centaines d’inscriptions découvertes dans toutes les parties du monde grec élargi à l’époque hellénistique (A. S. Chankowski, L’éphébie hellénistique : étude d’une institution civique dans les cités grecques des îles de la mer Égée et de l’Asie mineure, Paris 2010).

Dans le mémoire inédit, est étudié un cas particulier, celui d’Athènes à l’époque classique. Y sont analysées les courses aux flambeaux, épreuve organisée par les Athéniens, à partir de la première moitié du Ve siècle av. n.è., dans le cadre de grandes fêtes, et qui peut être considérée comme la première institution éducative athénienne, antérieure à l’éphébie. Dans un cadre créé par la cité, un groupe sélectionné de jeunes gens, pris en charge et sous la surveillance de citoyens adultes, acquérait des aptitudes physiques et accomplissait un rôle à part entière dans la façon dont la cité se concevait comme une communauté structurée. Outre les inscriptions et les sources littéraires, ce mémoire s’appuie sur un riche dossier iconographique : considérées manifestement comme une épreuve des « jeunes » par excellence, les courses aux flambeaux ont laissé de nombreuses traces dans l’imagerie attique.

Cette étude entend mettre en avant la dimension culturelle de la construction des institutions dans la cité grecque, en dépassant l’habituelle césure méthodologique entre l’approche anthropologique et l’approche institutionnelle, comme tentent aussi de le faire d’autres travaux (sur le culte royal, sur les processions civiques) présentés dans le présent dossier.