Andrea LEIVA

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Religions et systèmes de pensée
Date :
vendredi 09 décembre 2016 - 14:00
“Je passe mon temps d’île en île” : Façons d’habiter et interactions sociales à l’Islote, Caraïbes de Colombie

Mme Andrea LEIVA soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de Mme Anne-Marie LOSONCZY

  • Le France, 190 avenue de France, 75013 Paris, salle 114
  • Jury : Mme Agnès CLERC-RENAUD, Mme Danièle DEHOUVE, Mme Aline HELG, Mme Odile HOFFMANN, Mme Anne-Marie LOSONCZY

Résumé

L’Islote est une île artificielle de la région des Caraïbes de Colombie, peuplée à la fin du XIXe par des pêcheurs itinérants qui provenaient des côtes proches de Carthagène. Pour s’y installer, ils ont comblé le sol d’un îlot et ont construit un hameau qui s’est étendu jusqu’à devenir une île d’une surface d’un hectare. Six cents insulaires qui se disent noirs et costeños y vivent, ils se consacrent à la pêche et au tourisme. Sur la base de l’ethnographie réalisée entre 2010 et 2011, cette thèse analyse la manière dont les insulaires interagissent avec leur environnement, y compris les îles, la mer et le littoral. L’Islote est un terrain totalement construit : il n’y a pas d’étendues de cultures, ni des plages, ni des palmiers. D’après les villageois il s’apparente à un “quartier” au milieu de la mer. Pour y habiter, les insulaires nouent des relations avec les autres îles et le littoral. Ils se déplacent constamment vers des villages où ils construisent des maisons où ils résident par périodes. De plus, ils ont noué un rapport avec d’autres villages de la côte, qui leur ont permis d’avoir accès à des biens et des services. Contrairement à d’autres lieux de la région des Caraïbes, où les relations opèrent par le biais de la diversification de parentèles à plusieurs endroits, et avec différentes femmes, à l’Islote les alliances entre les membres du groupe sont privilégiées. Dans cette thèse, la cohésion est interprétée comme une manière de renforcer les relations internes et ainsi pouvoir vivre à différents endroits sans perdre les liens qui les unissent.

Abstract

“I spend my Time From Island to Island”: Ways of inhabiting and Social Interactions in the Islote, Colombian Caribbean Coast

The Islote is a small artificial island off the caribbean coast of Colombia. Its settlement began at the end of the XIX century with the arrival of itinerant fishermen from the surrounding coasts of Cartagena. To establish the island, they filled the existing key with soil and built a hamlet that grew until it reached one hectare of surface. 600 islanders live on the Islote who identify themselves as black people and costeños; they devote themselves to fishing and tourism. Based on the ethnography conducted between 2010 and 2011, the present work analyzes the ways in which the islanders relate with their environment, including other islands, the sea, and the litoral. The Islote is a piece of land totally occupied without open land: it does not have cultivation areas, beaches, or palm trees. Its appearance is interpreted by locals as a “neighborhood” in the middle of the ocean. In order to inhabit this place, the islanders extend their network of relationships towards other islands and the coast. They continuously move to small towns and municipalities where they build houses where they can reside seasonally. Furthermore, they have a tight relationship with other coastal towns; which has allowed them to gain access to goods, services, and exchanges. Unlike elsewhere in the Caribbean where relationships expand through the diversification of kin in several locations, and with many women, in the Islote the alliances between group members are prioritized. The social cohesion is interpreted here as a way to reinforce the alliances within the group and therefore makes it possible to live in different places without losing the ties that bind them.