Andrea BEGHINI

Diplôme :
Doctorat
Mention :
Religions et systèmes de pensée
Date :
mercredi 18 avril 2018 - 14:00
L'Axiochos pseudo-platonicien : introduction, texte critique, traduction et commentaire

M. Andrea BEGHINI soutiendra sa thèse de doctorat préparée sous la direction de M. Philippe HOFFMANN et de M. Mauro TULLI

Cotutelle : Université de Pise (ITALIE)

  • Aula Magna - Piazza Evangelista Torricelli 2, 56126 Pisa
  • Jury : M. Philippe HOFFMANN, M. Carlos LEVY, Mme Brigitte MONDRAIN, M. Mauro TULLI, M. Bruno CENTRONE, M. Stefano MARTINELLI TEMPESTA

Résumé

L’objet de cette thèse est un dialogue apocryphe en grec ancien intitulé Axiochos qui est transmis parmi les œuvres de Platon, mais qui est surement postérieur à celui-ci. L’introduction, qui s’articule en sept chapitres, consiste dans un étude historique et critique général du dialogue. Dans le premier chapitre l’on trouve une présentation des principaux moments de la fortune de ce dialogue dans l’histoire de la culture européenne ainsi qu’une synthétique histoire des études sur l’Axiochos à partir du XVème siècle jusqu’au présent. Le bout de ce chapitre est de montrer comment les problématiques remarquées par les exégètes ont été, d’une certaine manière, déjà perçues dans le processus de la réception de l’œuvre, processus qui est donc doué, pour ainsi dire, d’une véritable valeur diagnostique. Le deuxième chapitre est consacré à l’examen des nombreux problèmes de composition et cohérence argumentative du dialogue. La conclusion à laquelle l’on parvient n’est pas que l’Axiochos est le produit d’un esprit faible et maladroit, comme effectivement parfois l’on a cru, mais qu’il s’agit d’une œuvre inachevée. Dans le troisième chapitre l’on discute le principale problème de cohérence argumentative de cette œuvre, à savoir la collocation assez bizarre de la section de texte comprise entre 369b6 et 370b1. Mon avis est que selon les intentions de l’auteur la section en question aurait dû être placée après 365e2, mais elle a été mauvaisement déplacée, la raison de cela étant que l’auteur a travaillé sur des petits papiers de papyrus différents pour chaque section du dialogue et que l’œuvre inachevé a été publié seulement après la mort de l’auteur par un rédacteur qui a confondu l’ordre des papiers pensé par l’auteur. Dans le quatrième chapitre j’ai pris en examen la question très débattue des sources de l’Axiochos. Bien qu’il y ait eu des savants qui ont essayé de reconduire le contenu du dialogue à une source unitaire, identifiée avec Crantor de Soli ou Posidonios d’Apamée, à mon avis il ne faut pas chercher une source unique, mais plutôt une pluralité de sources très probablement médiées par des répertoires d’arguments traditionnels, répandus particulièrement dans les écoles de rhétorique. Le cinquième chapitre analyse le problème du milieu historique et culturel dans lequel l’Axiochos a été composé. Grace à une confrontation méticuleuse avec le premier livre des Tusculanes de Cicéron j’ai remarqué une série assez copieuse de ressemblances entre ces deux textes. Il ne s’agit pas seulement de ressemblances du contenu, mais, ce qui est plus significatif, d’une identité presque totale de stratégie argumentative et d’inspiration philosophique. Ce phénomène peut être aisément expliqué en supposant que l’Axiochos et Cicéron ont été influencé par le même milieu culturel, à savoir l’Académie de Philon de Larissa. Dans le sixième chapitre j’ai discuté quelques caractéristiques de la technique littéraire du dialogue. Enfin, dans le très court septième chapitre, j’ai suggéré la possibilité d’attribuer le dialogue à Philon lui-même. Après cette introduction générale, il y a l’édition critique du texte avec la traduction italienne, précédées par une longue étude de la tradition manuscrite. En effet, pour la première fois le texte critique est fondé sur un examen intégrale des témoins connus, ce qui m’a porté à mieux définir les rapports entre les manuscrits ainsi qu’à établir un texte sur un fondement plus sûr. L’édition et la traduction sont suivies par un longue commentaire continu organisé par lemmes, qui occupe plus de la moitié de la thèse. Il s’agit d’un commentaire globale, dont la partie critique textuelle est dominante. La thèse se termine avec la bibliographie des œuvres citées.

Abstract

The object of this thesis is a Greek apocryphal dialogue, the Axiochus, which has been transmitted among Plato’s works. One of the few certainties about it is that it is not by Plato, but quite later. In the introduction I outlined in seven chapters a general exposition of the main problems of this text. The first chapter deals both with some moments of the fortune of the Axiochus in the cultural history of Europe and with a synthetic history of the studies on this dialogue from the XV century up to nowadays. The aim of this chapter is to show how the problems noted by the scholars have been already perceived during the process of reception of this work. The second chapter is devoted to the exam of the many problems of composition and argumentative coherence of the dialogue. My conclusion is that the Axiochus is not the product of an incapable and unskilled man, as someone has maintained, but it is an unfinished work. In the third chapter I have discussed the main problem of argumentative coherence of the dialogue, that is the strange position of the textual section which goes from 369b6 to 370b1. In fact, I think that this portion of the text should have been placed after 365e2. Clearly, it has been accidentally misplaced. The reason of this accident is that the author had written each section of the dialogue on a different sheet. However, the work has been published only after the author’s death by a redactor who has confused the right order of the sheets. In the fourth chapter I have examined the much disputed problem of the sources of the Axiochus. Actually, in the past some scholars have maintained that the anonymous depends from a single source, which has been identified with Crantor of Soloi or with Posidonius of Apamea. On the contrary, I think that the anonymous depends from many different sources, maybe with the mediation of repertories of traditional arguments which were in use in the schools of rhetoric. The fifth chapter deals with the problem of the historical and cultural contest where the dialogue has been composed. Thanks to a meticulous comparison with the first book of Cicero’s Tusculanae disputationes, I noticed a remarkable amount of similarities between these two texts. I mean not only similarities in the content, but also in the structure of the argumentation and in the philosophical orientation. It is a phenomenon that can be easily explained by supposing that the Axiochus and Cicero have been influenced by the same cultural context, which is the Academy of Philo of Larissa. In the sixth chapter, I have discussed some aspects of the literary technique of the anonymous. Finally, in the very short seventh chapter I have suggested the possibility of attributing this dialogue to Philo himself. This general introduction is followed by the critical edition with the Italian translation, preceded by a long study of the manuscript tradition. Actually, for the first time the critical text is based on a complete exam of the known witnesses, which has brought me to a better understanding of the relationships between the manuscripts along with establishing more solid fundaments for the text. The edition and the translation are followed by a long commentary organised by lemmas. It is a comprehensive commentary, even if the discussion of textual problems is predominant. The work ends with the bibliography.