Cérémonie des doctorats honoris causa

À l’heure où certains pays sont tentés par le repli national et connaissent des conflits tragiques, l’École Pratique des Hautes Études veut porter le message de la science et du savoir qui ne connaissent pas de frontières. C’est pourquoi l’EPHE souhaite délivrer les titres de docteur honoris causa à 5 personnalités de réputation internationale dans le monde de l’enseignement supérieur, de la recherche, et des arts.

La cérémonie de remise des doctorats honoris causa aura lieu le 21 juin 2018, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne. Elle sera animée par l’Orchestre et chœur PSL.

Le titre de docteur honoris causa

Le titre de docteur honoris causa est l’une des plus prestigieuses distinctions décernées par les établissements d’enseignement supérieurs français. Il s’agit d’honorer « des personnalités de nationalité étrangère en raison de services éminents rendus aux Sciences, aux Lettres et aux Arts, à la France ou à l’établissement d’enseignement supérieur qui décerne le titre ». Ce titre est décerné après avis du ministère chargé des Affaires Étrangères par le président de l’École Pratique des Hautes Études.

Les personnalités distinguées

brock-sebastian.jpgM. Sebastian Brock

Études syriaques
Université d’Oxford, Royaume-Uni

Parrainé par Muriel Debié, Directrice d’études à la section des Sciences religieuses – Christianismes orientaux

L’araméen sous toutes ses formes a été au centre des intérêts du chercheur britannique distingué qu’est Sebastian Brock. Il a créé le champ des études syriaques en publiant et en étudiant inlassablement les textes écrits dans l’araméen de Mésopotamie du Nord devenu la langue religieuse des chrétiens araméophones de la Méditerranée à l’Inde et à la Chine au long des routes de la soie, et ce, jusqu’à aujourd’hui. Il a fait émerger l’importance de cette langue et de cette culture pour l’étude du Proche, du Moyen et même de l’Extrême-Orient. De la Bible, très vite traduite en syriaque, à la littérature scientifique, il a exploré tous les champs et les a fait connaître aux chercheurs, aux communautés et à tous les curieux du monde. C’est à la poésie syriaque et à son poète par excellence Éphrem le Syrien (IVe s.) qu’il a le plus donné ses lettres de noblesse, montrant la puissance imaginative des interprétations symboliques à l’œuvre dans cette littérature sémitique.

Explorateur, il est un guide irremplaçable pour les générations suivantes de chercheurs, sémaphore de sentiers peu pratiqués, par son savoir autant que par son humanité.

 

finch-caleb.jpgM. Caleb E. (Tuck) Finch

Neurobiologie du vieillissement et maladie d’Alzheimer
USC Leonard Davis School of Gerontology, États-Unis

Parrainé par Jean-Michel Verdier, Directeur d’études à la section des Sciences de la vie et de la terre – Vieillissement cérébral et démences neurodégénératives

Tuck Finch, américain né en 1939 à Londres, a fait ses études à Yale et à Rockefeller où il a obtenu un doctorat en biologie cellulaire. Il a mené pratiquement toute sa carrière à l’Université de Californie du Sud, à Los Angeles, où il est encore professeur d’anthropologie, de biologie moléculaire, de neurobiologie et de psychologie. Ses premiers travaux concernaient la biologie du développement et du vieillissement. Ses thèmes d’intérêt se sont progressivement élargis et l’ont conduit à multiplier les collaborations pluridisciplinaires avec des démographes et des anthropologues, aboutissant à des travaux sur le rôle des infections dans l’enfance, les espèces à vieillissement ralenti, y compris les centenaires, les Tsimane d’Amazonie ou bien encore les momies et l’origine des maladies chroniques.


Il est l’auteur de plus de 500 contributions originales publiées dans les plus grandes revues scientifiques comme Science et Nature et lauréat de plusieurs prix internationaux.

 

gardiner-john-eliot.jpgSir John Eliot Gardiner

Chef d’orchestre
Royaume-Uni

Parrainé par Cécile Reynaud, Directrice d’études à la section des Sciences historiques et philologiques – Histoire de la musique européenne au XIXe siècle : sources et collections

Sir John Eliot Gardiner (né en 1943), petit-fils du grand égyptologue Alan Henderson Gardiner, chef d’orchestre britannique de réputation internationale, est le fondateur et directeur artistique du Monteverdi Choir (1964), des English Baroque Soloists (1978) et de l’Orchestre Révolutionnaire et Romantique (1989). Il se produit régulièrement avec les formations symphoniques les plus illustres et travaille depuis de nombreuses années avec la France : directeur artistique de l’Opéra de Lyon (1983-1988) et fondateur de son orchestre, il a dirigé des productions à Paris, notamment avec le théâtre du Châtelet et l’Opéra-Comique, dans des répertoires allant de Gluck à Debussy, en passant par Berlioz et Weber.

Il est l’un des principaux acteurs du renouveau de la musique ancienne : on lui doit la redécouverte des Boréades de Rameau, et son « Bach Cantata Pilgrimage », mené pour le 250e anniversaire de la mort du compositeur en 2000, est resté particulièrement illustre. Les enregistrements de ses productions sont innombrables, et couronnées de prix prestigieux.

 

roueche-charlotte.jpgMme Charlotte Roueché

Études hellénistiques et byzantines digitales
King’s College London, Royaume-Uni

Parrainée par Denis Rousset, Directeur d’études à la section des Sciences historiques et philologiques – Épigraphie grecque et géographie historique du monde hellénique

Née en 1946, de nationalité britannique, Charlotte Roueché a étudié en Grande Bretagne, en France et aux États-Unis. Dès 1984 elle est entrée au King’s College de Londres où s’est déroulée toute sa carrière. Elle est coéditrice de 6 ouvrages collectifs et auteur d’environ 70 articles, trois livres et deux corpus électroniques d’inscriptions. Pionnière de l’informatique pour l’édition des documents antiques, elle a su démontrer le saut méthodologique que représentent les Digital Humanities. Elle a l’expérience de nombreux champs de recherche archéologiques, en Italie, Grèce, Libye, Turquie, Chypre et Koweit.

De très nombreux prix, dotations et distinctions internationales lui ont été décernés, témoignant de la valeur reconnue à ses recherches dans les domaines de l’archéologie du monde romain et de l’Orient hellénisé, de la numismatique romaine, de l’épigraphie classique, de la prosopographie et de la cartographie antiques et byzantines.

 

sullivan-edith.jpgMme Edith V. Sullivan

Psychiatrie et sciences du comportement, neurosciences du trouble alcoolique
Stanford University, États-Unis

Parrainée par Joel Swendsen, Directeur d’études à la section des Sciences de la vie et de la terre – Psychiatrie et neurologie

Le Dr Edith Sullivan, professeure de psychiatrie et de sciences du comportement à l'École de médecine de l'Université de Stanford, est spécialiste des troubles liés à la consommation excessive d’alcool. En combinant la neuro-imagerie anatomique et fonctionnelle, ainsi que l'évaluation neuropsychologique, le Dr Sullivan a montré un changement de la structure du cerveau et de certaines de ses fonctions, illustrant ainsi les voies neurobiologiques spécifiques liées à la prise excessive d’alcool.

En plus de 35 ans de carrière, le Dr Sullivan a reçu de très nombreux prix scientifiques comme le National Institute of Health (NIH) Merit Award, le Distinguished Researcher Award de la Research Society on Alcoholism, ainsi que l’International Neuropsychological Society Distinguished Career Award. Plus récemment, elle a reçu le Bowles Lectureship Award de l’Université de Caroline du Nord qui récompense un chercheur dont le travail a considérablement amélioré notre connaissance des problèmes liés à la consommation excessive d’alcool.

Elle est l'auteure de plus de 300 articles scientifiques et de nombreux chapitres de livres. Elle est également rédactrice en chef de Neuropsychology Review et membre du comité éditorial de nombreuses autres revues internationales.