Comment mesurer l’impact des activités humaines sur les écosystèmes ?

mardi 20 décembre 2016 - 14:00

USR3278-CRIOBE - EPHE-PSL-CNRS-UPVD.

Les activités humaines modifient les écosystèmes, parfois de manière positive (par exemple la création d'une aire protégée), parfois de manière négative (par exemple le déversement d'hydrocarbures). Comment évaluer de manière sûre l’impact environnemental de telles activités humaines et le distinguer de la variabilité naturelle ? À ce jour, les approches expérimentales classiques ne sont pas adaptées car elles ne permettent pas de modéliser la multitude de formes que peut prendre la réponse d’un système naturel à une perturbation. Pourtant, de telles informations sont essentielles pour comprendre l’impact de l’Homme sur l’écosystème et développer des stratégies de gestion qui soient appropriées.

thiault_fish_02sm-300x200.jpgDans une étude publiée dans la revue Methods in Ecology and Evolution, deux chercheurs du CRIOBE, en collaboration avec des chercheurs des Universités de Georgia (États-Unis), Deakin (Australie) et Pontificale Catholique (Chili) ont développé une nouvelle méthode statistique afin d'évaluer l’effet des impacts humains sur l’environnement.

La difficulté résidait dans le fait de pouvoir comparer l'état du système en présence de l'impact avec l'état du système qui aurait existé si l'impact ne s’était pas produit, et ce en s’affranchissant des variations spatio-temporelles qui sont omniprésentes dans l’environnement. L’approche proposée est appelée « Progressive-Change BACIPS » car elle vise à généraliser les analyses BACIPS (Before-After Control-Impact Paired- Series) classiques à l’ensemble des réponses possibles. Le principe est d’utiliser les données pour informer la forme du modèle final, plutôt que d'avoir la forme du modèle imposée aux données comme cela était fait jusqu’à présent. Cela permet d’estimer les effets des impacts environnementaux et les échelles temporelles auxquelles ils opèrent de manière plus fiable.

thiault_human_03-300x200.jpg« Nous avons démontré la capacité de cette méthode à décrire finement les conséquences d’impacts aussi variés que les marées noires, la construction d’autoroutes ou la mise en place de réserves naturelles » explique Lauric Thiault, doctorant UPMC au CRIOBE ayant mené cette étude. « Nous prévoyons maintenant de l’appliquer aux aires marines protégées de Moorea afin de tester leur capacité à favoriser la récupération des ressources lagonaires. Cela apportera des informations essentielles au processus de révision du Plan de Gestion de l’Espace Maritime actuellement en cours ».

Source : Thiault L, Kernaléguen L, Osenberg CW, Claudet J. (2016) Progressive-Change BACIPS: a flexible approach for environmental impact assessment. Methods in Ecology and Evolution; doi:10.1111/2041-210X.12655

PHOTO CREDITS © Lauric Thiault.